FAUSSES RUMEURS POLITIQUES
» bordination militaire, il professe trop d'attachement » à la personne de l'Empereur pour avoir donné lieu » à des bruits de cette espèce. Il est toujours à la tête » de son corps, au milieu du Portugal.
» Les nouveaux droits qui ont été mis sur les den- » rées coloniales, ne tiennent pas, comme on le dit, » aux besoins des finances, mais au système adopté » contre l'Angleterre, système qui a pour but d'en- » traver son commerce et dont les effets se font sentir » par les banqueroutes qui se succèdent à Londres et » le discrédit toujours croissant des billets de banque.
» Le décret sur les pièces d'or et d'argent en livres » tournois, loin de ressembler à une de ces spécula- » tions que les gouvernements font assez souvent sur » les monnaies, cause au contraire une perte assez » considérable au Trésor public; mais on ne pouvait » trouver une circonstance plus favorable pour ache- » ver la refonte des monnaies et mettre un terme à » l'agiotage qui avait lieu sur le franc et la livre.
» On a donc peine à comprendre comment les bruits » de création de papier-monnaie, de cédules hypothé- » caires, ont pu trouver quelque crédit. Le papier- » monnaie est considéré par l'Empereur comme le » plus grand fléau des nations, et comme étant, au » moins au moral, ce que la peste est au physique.
» Lorsque nous nous rappelons l'épreuve si terrible » par laquelle nous avons passé, lorsque nous voyons » l'Angleterre près de périr avec son papier, et l'Au- » triche et la Russie perdre leur change par la même » cause, comment peut-on supposer que l'Empereur » veuille créer un papier-monnaie ?
» C'est bien mal connaître ses principes d'administration et la situation prospère de nos finances ! Sans doute 900,000 hommes à entretenir sont une dépense considérable^ sans doute la restauration de la Marine, le creusement des canaux, les travaux des nouvelles routes, les embellissements de la capitale, les encouragements aux arts et aux manufactures donnent lieu à des dépenses étendues; mais ces dépenses sont couvertes par nos revenus ; mais elles sont, en partie, supportées par les moyens extraordinaires que nous tirons de l'extérieur. Depuis 1806, PEmpereur a fait entrer plus d'un milliard de numéraire en France : résultat prodigieux d'une suite de conquêtes sans exemple ! Et c'est au milieu d'une prospérité telle que le Trésor public a toujours 100 millions de réserve^, que des mal intentionnés, fâchés du bonheur présent dont la France jouit seule en Europe, osent affliger les gens simples par le détail de nos dépenses, sans mettre à côté le tableau de nos immenses ressources ! » Vous pouvez assurer que, quelles que deviennent les circonstances, aucune nouvelle imposition, aucun papier ne seront nécessaires. Des aperçus exacts de la situation de nos finances seront, avant la fin de novembre, mis sous les yeux du public; et l'on pourra juger de la grande prospérité de nos aft'aires intérieures.
» L'Empereur et l'Impératrice sont à Fontainebleau. Sa Majesté l'Impératrice est enceinte; c'est ce qu'a pu voir la nombreuse cour admise à lui présenter ses hommages; mais l'usage- étant de ne faire les prières que lorsque la grossesse est à la moitié du