‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 41 sur 85 · FAUSSES HUMEURS POLITIQUES · texte numérisé non relu

FAUSSES HUMEURS POLITIQUES

» rendre encore plus général tel bruit qui ne circule » que dans une partie de la population, de le propager, » même dans toute l'Europe, et le remède serait pire » que le mal.

» Le second ne présente aucun inconvénient, si, » comme j'ai droit d'y compter, vous avez soin de te- » nir toujours mes circulaires enfermées dans votre » portefeuille, et si vous vous bornez à en faire usage » dans vos conversations et vos relations avec vos » administrés sans les citer...

» L'élévation du prince de Ponte-Corvo au trône » de Suède, résultat de la situation de ce pays, a fait » dire que le prince de Neuchâtel allait être roi de » Prusse, et que le roi actuel se retirait. Cette nou- » velle est controuvée et entièrement dénuée de fon- » dément.

y> On a dit, avec aussi peu de fondement, que nous ♦ » allions avoir la guerre avec la Russie, avec laquelle » nous sommes dans la meilleure intelligence. Cette » puissance est entièrement occupée contre la Tur- » quie, et les avantages que la réunion de la Molda- » vie, de la Valachie et de la Finlande procure à l'em- » pire russe, y sont généralement reconnus comme » le résultat heureux du système d'alliance avec la » France. Toutes les forces de la Russie sont concen- » trées au delà du Danube.

» On a dit aussi qu'une princesse d'Allemagne al- » lait épouser le prince des Asturies, qui serait re- » placé sur le trône d'Espagne. Les affaires d'Espagne » sont décidées pour toujours. Ce pays doit être lié » au système de la France par le pacte de famille.

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» D'ailleurs toutes les opérations militaires vont bien. » L'armée de Portugal est forte de 70,000 Français : il » y en a plus de 80,000 en Andalousie, plus de 40,000 » en Aragon, 30,000 au Centre, autant dans la Catalo- » gne, autant dans la Vieille-Castille, et Pon ne compte » pas les corps qui gardent la Navarre et les trois Bis- » cayes. Les armées sont bien approvisionnées, les » malades sont dans les proportions ordinaires : le » chiffre en est même moins fort qu'on ne devait le » craindre de la chaleur de la saison. Les insurgés » espagnols ont trouvé des ressources dans les secours » des Anglais et dans les piastres d'Amérique. Ce- » pendant ils sont sans force et sans énergie ; leurs » armées sont dissoutes et ils n'ont plus que quelques » bandes éparses dans la campagne. Les montagnes » et l'étendue du pays rendent ces bandes dangereuses » pour les hommes isolés et pour les courriers, mais, » nulle part, elles ne pourraient résister à 200 hom- » mes. On sent bien qu'une nation comme la nation # » espagnole, sortant d'une crise aussi forte, doit, » même après sa soumission, éprouver encore des » convulsions passagères, mais, je me plais à le ré- » péter, les armées de la France sont fortes, les ma- » lades peu nombreux, et la situation des choses ne » doit donner aucune inquiétude. D'après les der- » nières nouvelles, l'Armée de Portugal était à Coim- » bre et paraissait avoir obtenu un avantage, quoique » léger, sur les Anglais.

» On a beaucoup parlé de l'arrestation du duc » d'Abrantès ; on le disait à Vincennes par suite de » ses discussions avec le prince d'Essling. Le duc » d'Abrantès connaît trop bien les devoirs de la su-

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