XVI INTRODUCTION
Ce ne sont là que des préliminaires : le rôle historique du comte de Plancy commence le 4 décembre 1810, où il est appelé à la préfecture de Seine-et-Marne. Ses services y sont récompensés, le 30 juin 1811, par la décoration de la Légion, qu'il reçoit lors de la grande promotion civile du baptême du Roi de Rome. Sur la disette de 1812, sur les levées d'hommes en 1813, son témoignage est déjà singulièrement curieux, mais, où il prend une portée plus large, c'est lorsque la guerre se rapproche, qu'elle prend pour théâtre son département et que, enfin, à Fontainebleau, le préfet de Seineet-Marne se trouve, avant et après l'abdication, en présence de l'Empereur.
Il convient de ne pas déflorer par une analyse l'intérêt d'un tel récit. De même, doit-il être des temps de la Restauration et des Cent- Jours où, successivement, pour le Roi légitime et pour l'Empereur revenu, M. de Plancy continue à administrer son département. L'histoire tirera des conclusions qui, en cette brève introduction, ne seraient point justifiées. Les Mémoires se suffisent par eux-mêmes. C'est assez que celui qui les présente ait mis un signet aux pages sur lesquelles il prétend attirer plus particulièrement l'attention. Celles-ci sont entre les plus suggestives que l'on puisse rencontrer. 11 n'en est point qui expliquent mieux l'échec des CentJours.
M. de Plancy est un fidèle serviteur. Il est un préfet modèle, formé selon les bonnes méthodes, et ayant pris à un haut degré l'esprit de la chose. Il est un administrateur plein de dévouement ; il est brave, ce