INTRODUCTION XVII
qui ne messied point; il est adoré par ses administrés, ce qui prouve qu'il fait leurs alïaires; il aime l'ordre et la régularité, ce ({ui est fort bon dans les temps calmes; il s'entoure de ce (jui est le mieux dans le département, sans chercher aux opinions; et, par malheur, ces opinions sont royalistes.
M. de Plancy a la conscience d'avoir rempli son devoir et il n'a point un doute sur l'excellence de ses mesures. Aussi, lorsque, en juillet 1815, il apprend que son nom a été porté sur une liste de proscription, il demeure stupéfait. Au surplus, cette proscription fut rapportée et, grâce à M. Decazes, le préfet de Seineet-Marne ne fut point exilé. Mais il n'échappa point aux haines sociales : « L'animadversion des Royalistes le poursuivit dans la solitude de sa terre de Plancy avec cette ténacité qui caractérise en France l'esprit de parti : on m'a rapporté, dit le baron Georges de Plancy, que plus d'un des châtelains de son voisinage, longtemps après les événements de 1813, se détournait de sa route pour ne pas passer devant la demeure de celui qui était considéré par eux comme un renégat. » Pourquoi M. de Plancy n'avait-il pas fait la cour au duc Decazes? Il eût été, comme tant d'autres qui ne le valaient point et qui s'étaient compromis bien plus que lui, élu dans la grande fournée des Pairs de France de 1819, et il eût écrasé de Sa Seigneurie, les hobereaux des alentours ; mais il avait pris si vivement à cœur les injures dont il avait été l'objet qu'à peine de retour à Plancy, il avait tenté de mettre fin à ses jours; « après avoir essayé de se cou-