Souvenirs du comte de Semallé, page de Louis XVI
Art. 14. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier et choisit les personnes auxquelles il en confiera le soin.
Il nomme pour chaque ouvrage un commissaire responsable, chargé de surveiller la publication.
Le nom de l'éditeur sera placé en tête de chaque volume.
Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans l'autorisation du Conseil et s'il n'est accompagné d'une déclaration du commissaire responsable, portant que le travail lui a paru digne d'être publié par la Société.
Le commissaire responsable soussigné déclare que l'ouvrage Souvenirs du comte de Semallé lui a paru digne d'être publié par la Société d'histoire contemporaine.
Fait à Paris, le i5 mai i8g8.
Signé : C*^ Boulay de la Meurthe.
Certifié :
Le Secrétaire de la Société d'histoire contemporaine^ Albert Malet.
DU
COMTE DE SEMALLÉ
Jean-René-Pierre de Semallé naquit à Mamers, place des Grouas, dans l'hôtel où ses parents passaient l'hiver.
Sa famille, qui tirait son nom de la paroisse de Semallé, située dans la Normandie, sur les confins du Maine, se composait uniquement de la descendance de son grandpère. Lui-même n'avait que deux sœurs.
Son père, Jean-René, avait épousé Marie-Louise-Henriette de Récalde, d'une famille basque, venue, au temps de Henri IV et avec ce prince, se fixer dans le duché d'Alençon, apanage de Jeanne d'Albret.
Peu de temps avant sa naissance, comme sa mère s'était arrêtée sur la place pour écouter les boniments d'une somnambule et paraissait s'en moquer, cette femme l'apostropha et lui dit qu'elle avait beau rire, son fils ne serait jamais que colonel. L'enfant vint au monde peu
après, et la prédiction entière se trouva réalisée par la suite. Il fut baptisé dans l'église Notre-Dame de Mamers, le 4 février 1772 i.
L'été, ses parents habitaient, dans la partie du Maine relevant de la baronnie du Saônois, la terre de la Gastine, qui était venue dans la famille deux générations auparavant, par le mariage de Jacob de Semallé avec Julienne- Anne de Barville de la Gastine.
Au commencement du règne de Louis XVI, existait à Mortagne un vieux professeur d'humanités, M. Landais, qui devait être bien vieux, car il avait eu autrefois pour écolier, pensionnaire ou autrement, je ne sais, Jean-René de Semallé. Ce dernier mit, vers l'âge de sept ans, son fils chez son ancien instituteur, et c'est là qu'il fit sa première communion.
A sa sortie de chez M. Landais, vers onze ou douze ans, l'enfant fut placé par ses parents au collège militaire de Vendôme, dirigé par les oratoriens. Fouché, Isabeau, Lecomte, Joseph Lebon, faisaient partie du personnel religieux enseignant de cet établissement; Decazes figurait parmi les élèves.
Le jeune de Semallé devint « colonel de la petite chambre», et ses professeurs lui ont répété plus tard que dès lors ils le croyaient destiné à une position supérieure. Ils regrettèrent donc ce bon écolier, quand on le leur enleva pour l'envoyer à la cour. Au nombre des parents de son père, se trouvait le marquis de Poret de Boisandré, premier écuyer du duc d'Orléans, qui voulut le faire entrer comme page aux écuries d'Orléans ; mais ses bons offices ne furent point agréés. Une autre proposition fut mieux accueillie.
La famille de Perrochel, du greffe du parlement de Paris, possédait dans le Saônois de grandes propriétés. Il y avait les Perrochel de Grands-Champs, les Perrochel
I. Son parrain fut messire Abraham de Semallé, écuyer, seigneur de la Mare-Bonne val, son oncle paternel; et sa marraine, dame Perrine de La Boissière, épouse de messire Henri-Raymond de Récalde, écuyer, chevauléger de la garde du Roi, bcUe-sceur de sa mère, tous deux absents et représentés.
de Saint- Aubin, les Perrochel de Combres i. M. de Perrocbel de Combres venait chaque année passer ses vacances chez ses parents du Maine. Il était très lié avec la famille Joly de Fleury, aujourd'hui éteinte, mais qui a laissé une si grande notoriété dans l'histoire des deux derniers règnes de l'ancienne monarchie. Cette famille comptait alors un ministre, un procureur général au parlement de Paris, etc. L'un d'eux était l'ami et le conseil de M""^ de Brionne, mère du prince de Lambesc, grand écuyer de France ^.
M. de Combres offrit de faire entrer le jeune Jean-René- Pierre comme page à la grande écurie. Sa proposition fut acceptée ; mais comme il vint à mourir peu après, elle était presque oubliée, quand arriva de la cour l'avis d'admission du jeune homme au cas où il pourrait produire les preuves nécessaires.
Elles n'étaient pas difficiles à établir, ayant été faites plusieurs fois : sous M. Vd^sin de la Noiraye, intendant de la généralité de Tours; sous M. de Maries, intendant de la généralité d'Alençon, lors du fameux édit de Louis XIV sur la recherche des nobles en son royaume, et, plus récemment encore, vers 171 7, quand fut reçue à Saint-Cyr une des filles de Jacob de Semallé.
Les parents conduisirent eux-mêmes leur fils à Paris. C'est à ce moment que commence le récit de mon grandpère, qui avait quatorze ans révolus depuis le mois de février.
Il resta près de quatre ans à la cour ; fut témoin, en 1789, des scènes sanglantes des 5 et 6 octobre, et accompagna aux Tuileries la famille royale, dont il partagea les angoisses et les dangers. Plusieurs fois lui-même échappa presque miraculeusement à la mort, et enfin, ne voyant
1. M. de Perrochel de Grands-Champs choisit Jean-René de Semallé pour le représenter à l'assemblée de la noblesse du Maine, réunie au Mans pour nommer ses délégués aux États généraux de 1789.
2. M?.rie-Louise-Gonstance de Rohan-Rochefort avait épousé un prince de la maison de Lorraine ; mais comme à la cour de France on ne voulait pas reconnaître les droits souverains de cette maison, elle y portait le titre de comtesse de Brionne. — Son fils aîné était le prince de Vaudemont; le cadet, le prince de Lambesc.
aucun moyen de se rendre utile en France, où la violence et la terreur avaient remplacé l'ordre et la loi, il prit, en 1790, le chemin de l'émigration et se dirigea vers Bruxelles.
Il ne fut porté sur aucune liste d'émigrés, ayant quitté sa famille vers l'âge de sept ans. Il passait pour achever son éducation à Paris, et ni lui ni ses parents ne furent inquiétés de ce chef.
Des travaux récents ont été publiés sur ces malheureuses années : ils ont rectifié bien des erreurs et fait disparaître bien des légendes. Néanmoins, les mémoires et les souvenirs particuliers peuvent encore éclairer l'histoire et lui fournir quelques documents nouveaux. C'est dans cet espoir que sont publiés ceux que mon grand-père avait écrits pour sa famille, récits que je l'ai moi-même entendu raconter bien des fois.
Il n'a pas voulu préparer un tableau complet de son temps ni un monument littéraire ; mais seulement préserver de l'oubli les souvenirs qui lui étaient personnels. Ce ne sont donc pas, à proprement parler, des mémoires qu'il a laissés ; c'est plutôt un récit anecdotique, rempli d'épisodes, dans lesquels il a joué un rôle, ou qui se sont passés autour de lui.
Le texte n'est pas de sa main. Il a été dicté par lui à son second fils René, entre 1848 et 1862, et c'est à cette période qu'il faut se reporter, toutes les fois que le mot maintenant, ou un mot analogue, se rencontre. Mais il ne s'ensuit pas que rien n'ait été écrit par l'auteur auparavant. Bien au contraire, et sur presque tous les principaux épisodes, il avait rédigé des notes antérieures. Elles se trouvent pour la plupart parmi les documents à l'appui de ses souvenirs, dont la partie véritablement historique a trait à la Restauration de i8i4 et aux Gent-jours.
Une chose étonnera peut-être le lecteur : c'est le rôle important rempli par l'auteur à cette époque, rôle dont les historiens, pour la plupart, ne parlent pas. Il est facile d'expliquer ce silence.
Toutes les personnes qui ont étudié l'histoire du premier Empire ont pu constater quelle était alors la puissante organisation de la police; quelle était sa vigilance,
et combien il était difficile d'échapper, même dans l'intérieur des familles, à la surveillance intéressée de ses
agents.
Les royalistes le savaient mieux que personne. Aussi est-ce avec une extrême prudence, avec des précautions qui peuvent paraître exagérées, bien qu'elles fussent à peine suffisantes, que mon grand-père parvint en i8i4, sans se faire arrêter, à conférer le l'j février, à Vesoul, avec le comte d'Artois, à rentrer le 17 mars à Paris et à y préparer pendant treize jours, dans le plus grand mystère, la manifestation du 3i.
Gomment le public aurait-il pu savoir quelque chose, quand le ministre de la police, le duc de Rovigo, si zélé et si dévoué à l'Empereur, ignorait tout ? Il l'avoue dans ses mémoires (t. VII, p. 35). Je copie : « Aucun symptôme, aucun adminicule d'intérêt ou de souvenir d'intérêt n'ayant eu lieu nulle part dans l'intérieur ou à Paris, mon étonnement fut extrême lorsque je vis, dès le lendemain du 3i mars, proclamer par tous les journaux cette antique dynastie, et les murailles de la capitale tapissées d'actes et de proclamations au nom de S. M. Louis XVIII. »
Plus tard, un autre fonctionnaire de l'Empire, Real, eut partiellement connaissance des moyens qui avaient assuré le rappel inattendu des Bourbons; mais ce ne fut qu'après les Gent-jours. S'il n'a rien laissé signé de son nom, son neveu, M. Musnier-Desclozeaux, a comblé cette lacune, et, dans un ouvrage intitulé : Indiscrétions, i y g8i83o. Souvenirs anecdotiqiies et politiques tirés du portefeuille d'un fonctionnaire de V Empire, il a consacré le premier chapitre de son second volume au <( Mouvement royaliste en i8i4 »• Voici comment il s'exprime : « Le mouvement royaliste en i8i4 fut un coup dans le genre de celui de Mallet; voilà ce que je puis dire et prouver. »
Puis il continue : « Vers le mois de décembre i8i3, un M. de Semallé, ancien page de Louis XVIII {sic), avait été envoyé par ce prince à Paris avec mission de lier des relations avec d'anciens partisans des Bourbons. M. de Semallé s'adressa d'abord aux sommités du parti ; il fut éconduit. Force lui fut de descendre l'éclielle et d'arriver
aux hommes qui, n'ayant rien à perdre, avaient tout à gagner. Ceux-ci prêtèrent l'oreille, et un comité royaliste, bien timide, bien effrayé, s'organisa dans Paris. On convint de se réunir chez l'un des membres du comité, nommé Lemercier, rue de l'Echiquier, n° 36. Ce Lemercier avait été banquier et, ses affaires ayant mal tourné, il s'était fait homme de lettres. M. de Semallé avait eu le rare bonheur de ne s'adresser à aucun agent, à aucun ami de la police. Les réunions du comité furent tenues secrètes. »
Real fut préfet de police pendant les Cent-jours. Mieux que personne il a été à même de savoir d'où sont partis les coups qui ont renversé l'Empire, et de pénétrer le secret qui avait été si bien gardé. Ce secret suffirait à lui seul pour expliquer l'ignorance et le silence de la plupart des écrivains ; mais l'étonnante réussite de ce mouvement lui-même en est également une cause. Quand on voit un ouvrage terminé, un terrassement achevé, surtout s'il a été bien exécuté, l'état actuel paraît si simple, si naturel, qu'on se demande comment il pouvait en être autrement, et que ceux-là mêmes qui y ont coopéré ne se rendent plus compte de tout ce qu'il a fallu faire.
Pour tous les spectateurs du 3i mars, pour tous ceux surtout qui, entraînés par les initiés, ont acclamé Louis XVIII, cette acclamation avait été si facile qu'elle paraissait avoir été toute naturelle ; chacun s'en attribuait une part, et beaucoup de ceux qui avaient paru sur les boulevards, même à la dernière heure, ne doutaient pas qu'ils n'eussent joué un rôle prépondérant dans la restauration des Bourbons.
Mon grand-père, qui avait obtenu un résultat aussi complet, voyait les efforts qu'il faisait depuis vingt-cinq ans couronnés de succès par le rappel au trône de Louis XVIII.
Mais pendant les premiers jours, il ne put avoir ni trêve ni repos ; car la manifestation était un feu de paille et son rôle n'était pas terminé. Il fallait défendre la royauté contre tous les partis qui l'avaient tenue en exil, et débattre pied à pied le terrain contre Talleyrand et le gouvernement provisoire.
Quand le Roi fut rentré dans Paris, les serviteurs de
la monarchie accoururent en foule, et il ne manquait pas de dévouements à récompenser. Depuis 1790, que de royalistes ruinés ; d'émigrés réduits à la misère ; de Vendéens et de Chouans qui avaient tout sacrifié pour le Roi, etc.! Puis, il y avait tous les fonctionnaires supérieurs à se concilier. La liste des solliciteurs et des besogneux était immense.
Convenait-il alors à un homme aussi dévoué d'aller réclamer la part qui lui revenait de ce triomphe ? Il ne le pensait pas. Il savait que les princes n'avaient aucun intérêt à ce que la lumière fût faite, et à ce que tout le monde sût que la manifestation, à laquelle ils devaient leur rappel et le trône de France, était le résultat d'une sorte de complot, tenu secret jusqu'à la dernière heure.
Il était utile et même nécessaire que le mouvement royaliste continuât à passer aux yeux de tous comme ayant été, dès le premier moment, populaire, universel et spontané. Peu importait que la mise en train eût été périlleuse et difficile, puisque l'enthousiasme avait fini par entraîner ceux mêmes qui en paraissaient le moins susceptibles.
Par la suite, mon grand-père, désolé de voir comment on refusait de rétribuer les services des hommes intelligents et dévoués dont il avait utilisé le concours, et comment les bureaux des ministères, encombrés des créatures de Fouché et de Decazes, leur étaient hostiles, prit la résolution de parler. C'était en 1826. Il le dit formellement dans un document cité dans l'appendice. Mais la crise finale de la Restauration ne lui en laissa pas le loisir, et sous Louis-Philippe il était trop tard. Il faut avouer que les circonstances, dès le début, ne furent guère favorables. — Les Cent-jours survinrent bien vite, avec la fuite à Gand et le retour après Waterloo. Un milliard deux cents millions avaient été dépensés dans cette aventure, qui avait fait périr tant de monde et amené une seconde occupation, bien plus désastreuse que la première. C'est elle qui a ravivé les haines des partis et les espérances des Jacobins, et la Restauration ne s'en est jamais complètement relevée.
La rentrée de Louis XVIII dans sa bonne ville avait été des plus pénibles, et Fouché avait imposé presque toutes ses conditions, grâce à la faiblesse, aux hésitations du Roi. La nomination de Decazes à la préfecture de police, puis son entrée dans le cabinet, où il sut se rendre maître absolu, avaient enlevé à mon grand-père tout moyen d'action et, j'ajouterai, toute ambition personnelle. Aussi ne le verrons-nous reparaître à la cour que lorsqu'un nouveau danger viendra menacer la famille royale. C'est un ami des mauvais jours, qui se retrouvera toujours à la peine. Son rôle actif s'est terminé en i83o, et depuis lors il a vécu presque toujours dans la retraite.
Quant à la publication qu'il avait promise en 1826, elle n'a jamais eu lieu que partiellement, et sous forme d'extraits de ses mémoires, dans le second volume de VHistoire de la Restauration, de Lubis.
Après la publication du premier volume, en 1837, mon grand-père y avait constaté des erreurs ayant trait au mouvement de 1814. M. Lubis s'empressa, à titre de rectification aussi bien qu'à titre de document intéressant, de publier en appendice, dans le volume suivant, les notes que mon grand-père avait mises à sa disposition.
Une partie de ces mêmes notes fut publiée une seconde fois, en i853, par L.-G. Michaud, à la suite de Y Histoire politique et priçée de Charles-Maurice de Tallej'rand; mais ces deux ouvrages n'ayant pas obtenu une très grande notoriété, bien peu de personnes en ont eu connaissance.
Le comte de Semallé a terminé paisiblement sa vie à Versailles, à l'Ermitage, dans l'ancienne propriété de ]\/[me ^Q Pompadour, devenue, sous Louis XVI, maison de campagne de Mesdames, tantes du Roi, dont il avait fait l'acquisition en i835, en souvenir de la famille royale.
Il avait coutume de faire dire tous les ans, dans la chapelle de son parc, une messe à l'anniversaire du 21 janvier. Malgré son grand âge, il voulut encore y assister en i863. Il y prit froid et s'éteignit doucement, huit jours après, à l'âge de quatre-vingt-onze ans. — Il repose dans le cimetière de la commune de Semallé.
A Tappui de ses souvenirs se trouve annexé un appendice, comprenant un certain nombre de pièces et de documents qui m'ont paru de quelque utilité pour l'histoire.
Il renferme également un fragment des mémoires de ma grand'mère, que j'ai cru devoir offrir au lecteur pour lui faire bien comprendre les sentiments qu'inspiraient encore en i8i4, à mes grands-parents, la Révolution, ses auteurs, ses complices, et en général tous ceux qui lui devaient leur élévation et leur fortune.
Ma grand'mère, nièce par sa- mère de M. de Mandat, massacré le lo août sur les marches de l'Hôtel de ville, n'avait que cinq ans quand ses parents périrent à leur tour sur l'échafaud de la place Louis XV, et il n'est pas jusqu'à ses poupées qui ne lui aient été arrachées et qui n'aient été mises en vente au nom de la nation. Aussi avait-elle horreur de cette nation, qu'elle ne connaissait pas encore, mais qui ne cessait de la faire souffrir.
Elle raconte, dans ses mémoires, qu'à toutes les personnes qu'elle voyait en larmes, et qui étaient si nombreuses à cette époque, elle demandait ingénument : « Vous avez donc une nation chez vous, puisque vous pleurez ? Nous, nous en avons une qui nous a fait tant de mal ! »
Etaient-ce les victoires de Napoléon, arrosées de tant de sang français ? Etait-ce l'élévation au pouvoir de Talleyrand, de Fouché, des régicides, qui pouvaient calmer ces cœurs qui avaient tant soufîert, ces âmes si profondément ulcérées ? — Non. — Elles attendaient en ce monde une autre manifestation de la justice éternelle, une réparation du 21 janvier et le retour de la famille de Louis XVI.
Ce sont leurs efforts pour l'obtenir qui font l'objet principal du récit qui va suivre.
Comte DE Semallé.