‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas] (volume 2)Chapitre 51 sur 96 · ARRIVÉE A LA SU DE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A LA SU DE

jaillissent du pied de cette masse sur laquelle est bâti le village. Tous les accès en sont faciles et paraissent avoir été préparés avec soin. J'ai cru reconnaître la position- de l'ancienne ville d'Aptère, que Strabon et d^autres géographes placent dans cette partie de l'île et dans l'intérieur ; il serait facile de trouver dans la plaine d'Apocorana le Muséum ou champ célèbre par le combat des Muses contre les sirènes, et dans lequel celles-ci, vaincues et désolées d'avoir perdu le prix du chant, arrachèrent leurs plumes et se jetèrent dans la mer. Le champ garda le nom des vainqueurs, et delà vient celui deMusée. La ville d'^/;tère ou Apteroriy qui veut dire sans plumes, conserva cette fabuleuse tradition.

Le lendemain fut un beau jour; je congédiai à Candie mes deux coquins de Turcs qui étaient devenus plus insolents en apercevant les minarets de leurs mosquées. Nous nous quittâmes bien mécontents les uns des autres , mais charmés d|e dissoudre une société si mal assortie. Je revis avec une véritable joie le port de la Sude. J'avais renvoyé tous les chevaux, excepté, le petit cheval arabe que je fis accepter à mon aimable compagnon de voyage ; et , suivant à pied le bord de la mer , nous arrivâmes , après quatre heures d'une marche pénible , à la vue du mouillage de la corvette. II faut avoir couru les mêmes dangers,

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