TROUBLES A MONTAUBAN
vant moi pour Moissac; mais, lorsque je fus au milieu du pont, un flot de ces misérables se pressant autour de nous et hurlant des cris de mort, je pris ce jeune homme dans mes bras, et , le serrant étroitement, je tâchai de m'ouvrir un passage. Quelques braves citoyens s'efforcèrent de nous aider pendant que les séditieux , les renversant pour arriver jusqu'à nous, criaient : Il nj a quà les jeter tous trois à la rivière. C'est ainsi que nous traversâmes le pont.
Comme j'entrais dans le faubourg, un postillon, dépêché par le commandant de l'armée bordelaise, M. de Courpont, arriva jusqu'à moi au galop et me remit un paquet. Ceci fixa l'attention; je pris la lettre, je l'ouvris sur-le-champ, et, jetant un coup d'œil sur les premières lignes, je vis qu'il me prévi^ait de la fermentation que l'arrivée des prisonniers avait excitée parmi les troupes ; je n'hésitai point à lire cette dépêche tout haut dans un sens tout contraire à sa teneur, c'est-à-dire que je publiai à haute voix des félicitations, des assurances de paix et de fraternité. Des applaudissements éclatèrent, et je profitai d^ ce changement soudain dans la disposition des esprits pour dégager mon prisonnier et l'envoyer à la caserne, à l'extrémité du faubourg , sous la seule escorte de mon aide de camp Delarue. Je d^échai ensuite celui-ci à