J7O VISITE DU CHAMP DE BATAILLE
jusque sur la grande route de Vienne. Je dis ce que j'en avais vu et ce qu'on pouvait présumer de son dessein. «Ainsi, ajouta-t-il, vous n'avez pas pu vous trouver ici hier? » Je répondis que j'étais arrivé sur le champ de bataille trop tard pour avoir vu les belles dispositions d'attaque et les brillantes manœuvres par lesquelles il avait si rapidement assuré sa victoire, mais pourtant encore assez à temps pour avoir vu les résultats de la plus belle bataille et du plus mémorable événement du siècle.
Je suivis l'empereur au château d'Austerlitz, où il établit son quartier général, comme l'avaient fait la veille les empereurs d'Autriche et de Russie. Je fus envoyé pour porter des ordres au maréchal Duroc , qui était avec ses grenadiers réunis, à une lieué en avant de la maison de poste, sur la route d'Olmùtz; je rejoignis ensuite le quartier impérial à Austerlitz. Chargé le lendemain de parcourir tout le champ de bataille où erraient encore un grand nombre de blessés et d'hommes égarés, où l'on recueillait des armes de toute espèce, beaucoup de pièces d'artillerie démontées ou abandonnées, je regrettai de ne pouvoir me trouver à l'entrevue de l'empereur d'Autriche et de Napoléon. C'est à ce bivouac, à jamais célèbre, des trois empereurs , que furent décidés l'armistice et les pre-