‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 123 sur 247 · TRAVAUX DU GOUVERNEMENT. 2Q · texte numérisé non relu

TRAVAUX DU GOUVERNEMENT. 2Q

régiments de chasseurs à cheval. Je formai aussi, dans chaque province, un régiment provincial, dont le commandement fut donné aux fils aînés des principaux seigneurs. C'était une chose inusitée , de destiner à la carrière des armes lesr'/vtinogerdti, et cette innovation rencontra d'abord beaucoup d'obstacles, qui n'arrêtèrent pas le roi dans sa résolution et ses efforts pour rétablir l'esprit militaire et l'honneur des armes.

Je fis reprendre les travaux du génie et ceux de l'artillerie dans les arsenaux et les manufactures d'armes : l'école militaire fut rétablie sous la direction du général Pari si. J'organisai l'administration militaire, en appliquant, dans cette partie comme dans toutes les autres, les règlements français. Je réunis , sous la dénomination d'intendants et sous-intendants militaires, les attributions des inspecteurs aux revues et des commissaires des guerres , institution qui, depuis, a été imitée en France.

J'étais secondé , avec tout le zèle de l'amitié, par mon secrétaire général Combes, que j'avais attiré à Naples : mon frère Saint-Fulcrand vint aussi m'y joindre, et fut employé, d'abord à la direction des subsistances, et ensuite à l'administration des domaines royaux dans la Pouille. Le chef d'escadron Alexandre Romeuf, frère de mon ami le colonel Romeuf, dont j'ai déjà parlé,

icfî TRAVAUX DU GOUVERNEMENT.

vint aussi me joindre à Naples; il avait, depuis quelque temps, quitté le service; je le fis rentrer à celui de Naples , avec son grade , et me l'attachai comme aide de camp. Je pris aussi deux aides de camp napolitains, tous deux officiers très-distingués, et qui, depuis, ont, par différentes actions d'éclat, justifié mon choix; l'un, le capitaine Filangieri, aujourd'hui lieutenant général, fils du fameux publiciste, avait été élevé en France, au Prytanée, avait été placé dans le 1 7e d'infanterie de ligne et s'était distingué à la bataille d'Austerlitz; l'autre, le capitaine Ambrosio, avait commencé à servir dans l'armée autrichienne, et joignait, à beaucoup d'esprit et de connaissances , une grande activité.

Les autres ministres, mes collègues, secondaient avec non moins de zèle , et plusieurs d'entre eux avec plus de succès, les vues et les efforts du roi pour la régénération du pays. Miot établissait l'ordre dans les administrations inférieures, encourageait le commerce, ouvrait les principales communications, et toutes les sources de l'industrie trop négligées dans ces pays, les plus favorisés par la nature. Il instituait des écoles, ranimait le goût de la littérature et des arts. Rœderer supprimait les arrendamenti ou aliénation du produit de divers impôts. Il établissait un grand livre de la dette publique,

Page 1