‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 124 sur 247 · LE ROI JOSEPH · texte numérisé non relu

LE ROI JOSEPH

régularisait les opérations de la banque, débarrassait les finances de l'État , par des rembourse* ments en effets publics, des intérêts onéreux et usuraires : il établissait un bon système dé douanes , une meilleure répartition et une perception plus économique de l'impôt ; il augmentait ainsi d'un cinquième les revenus de l'État et ceux du domaine de la couronne. Salicetti contenait les lazzaroni par une police sévère et équitable : il faisait cesser les abus de la police exercée par les sbires des seigneurs, et remplaçait ces agents d'une autorité arbitraire', par l'établissement d'une gendarmerie royale. Il faisait .supprimer un grand nombre de couvents , et débarrassait la ville de Naples de cette foule de moines de toutes couleurs qui encourageaient la fainéantise des lazzaroni.

Le roi Joseph, que des observateurs inattentifs et des écrivains malveillants se sont plu à représenter comme uu prince presque uniquement occupé de ses plaisirs , était l'âme de ces divers travaux; il s'occupait avec diligence de tous les détails , discutait dans son conseil d'État sur lès diverses matières avec beaucoup de lumières et de précision, et mettait dans l'exécution des mesures arrêtées, beaucoup de suite et de fermeté.

La cour de Palerme voyait avec dépit les pro-

298 INSURRECTION DES CAXABRES.

grès de l'établissement des Français dans le royaume de Naples ; le succès des nouvelles institutions et l'entière soumission des provinces de terre ferme irritaient de plus en plus la reine Caroline, dont l'animosité avait provoqué la guerre. En même temps qu'elle pressait les généraux anglais d'entreprendre des opérations offensives , elle ne négligeait aucun moyen d'agiter les provinces par ses agents secrets; elle soudoyait des chefs de bandes ; ils ne tardèrent point à infester les routes jusqu'aux portes de la capitale. L'amiral Sydney Smith se montra fort actif; il inquiétait les divers points de la côte des Calabres, protégeait le débarquement des brigands siciliens qui se réunissaient à ceux de l'intérieur. Bientôt après, le général Stuart débarqua au golfe de Sainte-Euphémie avec un corps de cinq à six mille hommes, et battit le général Reynier, qui avait rassemblé à la hâte les troupes de sa division. Ce fut le signal du soulèvement des Calabrais. Le maréchal Masséna se porta en Calabre avec deux divisions , tandis que le général Reynier, qui s'était retiré jusqu'à Cassano, rentra dans la Calabre ultérieure, et força le général Stuart à évacuer pour la seconde fois cette province, et à se retirer en Sicile.

Cette diversion avait retardé le siège de Gaè'te. Le prince de Hesse-Philipstadt se préparait à la

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