DÉPART DE L'EMPEREUR
prince vice-roi envoya à notre secours achevèrent de nous dégager de cette échauffourée.
Nous continuâmes notre route par Smorgoni et Ochmiana, toujours inquiétés sur nos flancs et dépassés par les Cosaques. Notre arrièregarde , commandée par le maréchal Ney, faisait tête à I'ennemi9 ne cédant le terrain que pied à pied et de position en position. Cette arrièregarde couvrait, non plus le reste d'une armée, mais une immense colonne de fuyards marchant pêle-mêle, et d'heure en heure décimée par le froid et par la faim.
L'empereur quitta l'armée; il partit de Smorgoni avec une escorte de lanciers polonais de la garde. J'appris qu'il avait bien voulu se souvenir de moi et permettre que je rentrasse en France : il avait fait préparer un décret pour me nommer sénateur; mais cette bienveillante disposition, qui aurait changé ma fortune et celle de mon fils, ne s'effectua point, parce qu'on rendit compte à l'empereur que je commençais à recouvrer mes forces, et que je serais peut-être, dans quelque temps, en état de reprendre mes fonctions d'intendant général.
Le malheureux sort de l'armée était décidé, et la présence de l'empereur ne pouvait plus être d'aucune utilité, tandis qu'il pouvait seul, par son prompt retour à Paris, ranimer les esprits