DISPOSITIONS
avis salutaires de mon collègue d'Espinassy m'auraient préservé de cette faute et de cette erreur. A mesure que nous approchions du 20 septembre, jour assigné pour la dernière séance de l'assemblée, mon ange tutélaire redoublait de vigilance, et m'assurait que j'étais observé et suivi. Il me pressait de demander mon passeport au président Cambon. Celui-ci, mon compatriote, ne voulut jamais, quelques motifs que je fisse valoir, céder à mes instances. Ce ne fut
que la veille de la dissolution que je parvins à l'obtenir. D'Espinassy me dit qu'il avait été convenu qu'on ne délivrerait des passe-ports aux membres de l'opposition constitutionnelle que le plus tard possible, parce qu'on redoutait encore leur influence dans les départements : il voulut m'accompagner au bureau des expéditions, et me dit en y entrant : « Regardez, sans qu'il y paraisse, l'homme qui nous suit, et qui certainement n'est pas un député. » Cet individu, que je fixai, resta dans le bureau, jusqu'à ce que j'eusse Signé mon passe-port, et je le trouvai à la porte de la salle lorsque j'y rentrai pour la dernière fois, et pour faire apposer la signature du président.
Dès ce moment, je ne m'occupai plus que des moyens de me rendre en sûreté au Havre, où j'é* tais attendu par ma famille, et où mon ami le