‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 205 sur 247 · SÉJOUR A VIENNE · texte numérisé non relu

SÉJOUR A VIENNE

la maladie de poitrine qui l'emporta un an après. J'avais, à cette époque, obtenu pour mon gendre, le baron de Saint-Didier, la permission de retourner en France et les passe-ports nécessaires pour traverser les armées alliées. 11 arriva à Paris peu de jours avant la prise de la capitale et l'abdication de Napoléon. Je revins de Baden à Vienne, où j'attendis encore quelques jours l'autorisation de retourner à Paris et l'expédition de mes passe-ports.

Pendant ce dernier séjour à Vienne, je rencontrai plusieurs personnes que j'avais connues et qui avaient passé dans les États autrichiens tout le temps de l'émigration. J'allai voir l'abbé de Bonneval, ancien évêque de Grasse, frère du feu comte de Bonneval , mon ancien compagnon de voyage en Orient, auquel l'empereur d'Autriche avait accordé un canonicat de la cathédrale de Saint-Étienne : c'était un homme d'esprit trèsraisonnable. Il prévoyait très-judicieusement les conséquences des nouveaux événements. Je vis aussi le vieux comte de Saint-Priest , l'un de mes anciens patrons. Je rencontrai le fameux écrivain Gentz, qui fut depuis l'infatigable greffier de la sainte-alliance ; j'allai visiter le prince de Ligne dont l'esprit n'avait pu vieillir.

Je partis pour Paris avec mon ami Combes et mon neveu Poncet. Je m'arrêtai un jour seule-

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