ARRIVÉ*) A PARIS
qnes-uns de ses généraux, et couronner par un coup de maître sa belle campagne de France; lorsque la nouvelle de son abdication nous parvint, mon premier sentiment fut d'envier le sort de ceux qui le suivraient à l'île d'Elbe, et qui s'attacheraient à sa fortune dans les jours d'adversité. Il me semble encore que ceux qui l'avaiept suivi dans sa glorieuse carrière, auraient dû ambitionner ce poste comme la plus grande des faveurs dont il les avait comblés, et c'est précisément parce que j'avais reçu de lui plus de témoignages d'estime que de faveurs particulières, que cet acte de dévouement aurait eu plus de prix à mes propres yeux. Telles étaient mes pensées lorsque j'arrivai à Paris. J'y trouvai tous mes compagnons, à l'exception du petit nombre qu'il avait honoré de son choix pour le suivre dans sa retraite, et de quelques autres trop rapprochés de sa personne par les grandes places qu'ils avaient occupées, ou la part qu'ils avaient eue à son intimité, entièrement détachés du système impérial et déjà entrés ou prêts à entrer dans celui de la restauration. Celui-ci était devenu la loi de la nécessité : on eût dit que le régime qui venait de cesser n'était déjà plus qu'un souvenir historique. Le nouvel ordre de choses imposait de nouveaux devoirs : je m'y rangeai comme les autres, et d autant plus faci-
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perdu leurs propriétés, ou même leurs emplois au service, une indemnité raisonnable. Le refus de cette généreuse proposition a entraîné plus tard à d'immenses sacrifices et fait élever des prétentions qu'on aurait pu satisfaire à bien moins de frais. Cet acte de justice n'aurait rencontré dans l'opinion qu'une opposition momentanée, et aurait prévenu l'abus de la concession des grades et une foule d'inconvénients que dans les circonstances ultérieures il a été impossible d'éviter. Les divers titres produits à la commission ne pouvaient être vérifiés et jugés que de confiance et sur des attestations qu'il n'était que trop facile d'obtenir des principaux chefs des armées dans lesquelles ces officiers avaient servi.
Au mois d'août suivant, à l'époque de la Saint-Louis, je fus nommé commandeur de Tordre militaire de Saint-Louis.
Le ministre des finances, mon ancien et honorable ami le baron Louis, venait de poser la véritable base du rétablissement du crédit public, en faisant décider le payement intégral de l'arriéré de tous les services. Il proposa au ministre de la guerre de me charger de la liquidation de l'arriéré de la guerre, avec le titre de directeur général. J'acceptai avec plaisir cette place qui me mettait à portée d'être utile à mes anciens compagnons d'armes. Je me livrai tout en-