DE LA LIQUIDATION DES ARMEES
lier à cet immense travail. J'appelai près de moi, comme mon secrétaire général, mon ami Combes dont j'avais tant éprouvé le zèle et l'austère probité. Il vint reprendre, sous mes ordres, le poste qu'il avait occupé avant la campagne de Russie. J'organisai mes bureaux en autant de divisions qu'il y avait eu d'armées principales. Je choisis six commissaires ordonnateurs qui avaient administré en chef des corps d'armée et qui, par cela même, avaient une connaissance plus spéciale de la composition de chacune de ces armées, des localités, ainsi que des événements. J'attachai à chacune de ces divisions des sous-inspecteurs aux revues et des commissaires des guerres exercés aux détails de service et aux opérations de comptabilité. Je fus ainsi assuré d'obtenir sur toutes les réclamations des rapports exacts, dont je prescrivis les formes ainsi que l'apport des pièces à l'appui. J'établis un bureau particulier pour la classification des réclamations. Je fixai aussi un terme fatal au delà duquel les réclamations ne pouvaient plus être admises. Dans les six premiers mois de mon administration, j'avais déjà recueilli et fait mettre en ordre plus de trente mille dossiers, et j'avais liquidé pour trois millions de créances en petites parties et principalement pour des arriérés de gratifications de campagne et de pertes devant l'ennemi, justement
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constatées. Lorsque j'avais, sur le rapport des ordonnateurs, vérifié et arrêté des liquidations , elles étaient envoyées au comité central des liquidations de tous les ministères , présidé par le général comte Dejean. Il devait me les renvoyer s'il y avait lieu à relever quelque erreur ou quelque manque de formes dans cette dernière vérification : ce qui n'arriva que pour trois ou quatre cas seulement, pendant tout le temps que je fus chargé de cette importante affaire.
Un de mes amis, M. Becquey, mon ancien collègue à l'assemblée législative, et qui depuis a occupé la place de directeur général des ponts et chaussées, remplissait alors celle de secrétaire général du ministère de l'intérieur sous M. l'abbé de Montesquiou, que j'avais connu pendant l'assemblée constituante et avec lequel je n'avais eu depuis que très-peu de rapports. M. Becquey me rapprocha de lui : j'eus fort à me louer de son accueil et des témoignages de confiance qu'il m'accorda. Je le vis souvent, et je l'entendis exprimer le désir sincère de faire marcher le gouvernement constitutionnel. Il avait l'entière confiance du roi, combattait franchement les intrigues des courtisans et le parti de la contrerévolution qui, séduit par l'exemple du gouvernement impérial dont il jugeait si mal les bases çt les moyens, ne voulait du gouvernement re-