MISSION PRÈS LE MARÉCHAL OUDINOT
« de ne point sortir de Metz , et partez sur-le- « champ. »
Je ne perdis pas un instant. J'appris à Châlons que le mouvement de la garde avait commencé depuis deux jours , et que le maréchal Oudinot était parti avec les chasseurs formant la première colonne. Je me dirigeai sur Vitry, et delà sur Chaumont, où les chasseurs étaient déjà arrivés, et où je trouvai le maréchal Oudinot dans un extrême embarras. Toute la garde avait été pratiquée par des émissaires de Napoléon, et la sortie de Metz les avait servis à souhait. Le maréchal Oudinot me montra l'ordre qu'on venait de lui remettre et qui était signé par le général Bertrand , comme major général , pour que toute la garde allât, à marches forcées, se réunir à Sens, quartier général impérial. « Ils veulent tous y « aller , me dit-il; je n'y puis plus rien. Us me « respectent, mais ils me gardent à vue et ne m'o- « béiront pas. Si je ne trouve moyen de m'échap- « per d'ici , ils me conduiront à l'empereur. » Je quittai Chaumont avant la pointe du jour, et me hâtai de renvoyer au maréchal Oudinot les chevaux du dernier relais, afin qu'il pût aussi sortir de Chaumont sans en être empêché par le rassemblement de la troupe. Je rencontrai l'adjudant du régiment des grenadiers qui allait faire le logement; je traversai ensuite la colonne à la