‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 231 sur 247 · DIVISION DES ESPRITS · texte numérisé non relu

DIVISION DES ESPRITS

à un seul, et la foule des ambitieux veut avoir prophétisé et déterminé la victoire. Telle fut dans tous les temps la condition du métier des armes. Tacite l'a mieux dit avant nous : Hœc est bellorum pessima conditio , prospéra omnes sibi vindicanty adversa uni soli imputant.

Pendant les derniers moments dont je viens de parler , l'agitation était extrême et l'intrigue des divers partis était également active. Les membres des deux chambres et du gouvernement provisoire qui s'étaient prononcés le plus fortement contre la dynastie de6 Bourbons et pour l'abdication de Napoléon en faveur de son fils, insistaient pour pousser jusqu'au bout une résistance désespérée. Us se flattaient encore que les souverains alliés écouteraient les propositions que leurs négociateurs avaient été chargés de faire au nom de la nation , et dont la base était de changer la dynastie en élevant au trône soit le roi de Borne, soit le duc d'Orléans. Ces propositions ne furent point accueillies, comme on pouvait le prévoir. Les plus modérés, qui, depuis la perte de la bataille de Waterloo, ne se faisaient aucune illusion , cherchaient à profiter des derniers instants et des derniers efforts pour éviter par une composition raisonnable et par une réconciliation , qui n'était pas moins dans les intérêts delà maison de Bourbon que dans ceux de la patrie

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