‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 38 sur 247 · MOTION DE DUMOLARD · texte numérisé non relu

MOTION DE DUMOLARD

de la perfidie de l'oligarchie vénitienne , avait résolu d'en tirer une éclatante vengeance. Dumolard annonça au club de Clichy qu'il dénoncerait le général de l'armée d'Italie, et le directoire exécutif qui avait autorisé une épouvantable violation du droit des gens, et la destruction de la plus ancienne république. Nous fîmes de vains efforts pour le détourner de son dessein : il s'y obstina. Je le rencontrai chez le directeur Barthélémy, la veille du jour qu'il avait indiqué pour faire sa motion au conseil des cinq-cents, et, de concert avec quelques-uns de mes collègues qui s'y étaient réunis , je tâchai de lui faire apercevoir les conséquences de cette démarche aussi fausse que téméraire. Dumolard n'était point entraîné dans le parti royaliste ; c'était un patriote de bonne foi , mais aveuglé par ses préventions , plus disert qu'éloquent , infatué de sa facilité d'élocution, incapable de s'élever à de hautes considérations politiques. Blesser le juste orgueil du conquérant de l'Italie, alors qu'il vengeait sur un gouvernement perfide le sang de ses soldats répandu par de lâches assassins , était l'acte le plus impolitique. Le général Bonaparte , supposant sans doute contre la vérité qu'il ne pouvait connaître , mais avec raison, d'après toutes les apparences, que cette attaque était combinée entre les meneurs des

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