CLUB DE CL1CHY
nie former un parti royaliste; ils croyaient pouvoir exciter des troubles sérieux dont ils auraient profité pour opérer une contre-révolution , et rappeler la maison de Bourbon. Us cachaient assez mal leurs desseins sous un langage constitutionnel ) et travaillaient à exaspérer les esprits contre le directoire. Mes amis et moi nous nous rendions assidûment à ces réunions, et nous nous appliquions à tempérer l'effervescence qui allait toujours croissant. Ce petit nombre de royalistes n'avait en réalité aucun moyen d'action : leurs déclamations ne faisaient qu'irriter le directoire , et lui fournir dés prétextes pour recourir à des mesurés de salut public , c'est-àdire, à la force brutale, en s'appuyant sur l'armée. Malheureusement nos conseils étaient froidement accueillis par des esprits trop ardents , qui , moins éclairés que nous sur les dangers de la situation , ne se méfiaient pas assez du piège qui leur était tendu. Notre prudence était taxée de timidité.
Dumolard, membre du conseil des cinq-cents, qui s'était- distingué comme un des meilleurs orateurs du parti constitutionnel au côté droit de l'assemblée législative', commit une de ces fautes qui compromettent un parti, et que rien ne peut réparer. Le général Bonaparte , indigné des nouvelles vêpres siciliennes de Vérone , et