‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 40 sur 247 · MARCHE DE LA DIVISION D AUGKRKAU SUR PARIS. IO · texte numérisé non relu

MARCHE DE LA DIVISION D AUGKRKAU SUR PARIS. IO

Carnot, l'influence de ses alentours, et surtout les conseils de Merlin et deTreilhard le détournèrent d'une résolution pour l'exécution de laquelle il aurait fallu un tout autre caractère, plus de lumières, et surtout d'autres sentiments. M. deTalleyrand fut seul appelé au ministère des relations extérieures. Merlin resta à la justice , le ministre de la police fut renvoyé et remplacé par un obscur agent de la faction. On travailla ouvertement à la désorganisation du corps législatif : les dénonciations, les placards, les motions incendiaires dans les clubs nous avertirent que le coup d'État était imminent. Les directeurs conjurés n'attendaient que l'arrivée d'une division de l'armée d'Italie, qu'ils avaient demandée au général Bonaparte , et dont celui-ci avait confié le commandement au général Augereau, tout dévoué au parti conventionnel. Des adresses de l'armée d'Italie, rédigées dans le style le plus menaçant, avaient précédé la marche et l'arrivée à Paris de la division du général Augereau. 11 avait été facile de porter le général Bonaparte à donner à la faction cet appui, sans lequel il est vraisemblable que les directeurs n'auraient point osé braver l'opinion publique, et hasarder de réveiller dans l'ancienne garde nationale, et dans la population de Paris, les souvenirs et les ressentiments du 1 3 vendémiaire. Quoique le général Bonaparte fût disposé à

Page 1