III
Il4 CONFÉRENCE AVEC LE GÉNÉJUL ELiBER.
Pendant que nous retournions au pavillon Marsan 9 je le remerciai de son zèle, et le détournai de son horrible entreprise, en refusant d'en prendre d'aucune manière, ni pour mon compte, ni au nom de mes amis, la criminelle responsabilité. Je dois ajouter ici que l'empereur Napoléon ayant entendu parler de cettp aventure, je ne sais par quelle confidence, m'en fit raconter tous les détails , et me dit : « Vous fûtes un « imbécile; vous n'entendez rien aux révoluce tions. »
Je ne partageais pas l'illusion de ceux de mes collègues qui se flattaient de trouver un appui dans la garde nationale et dans la masse des citoyens. 11 ne fallait qu'un chef, disaient-ils, pour faire éclater une grande insurrection : mais ils oubliaient la terrible épreuve du règne de la terreur. J'avais trop bien appris quelles sont les conséquences de l'abandon du pouvoir à une faction compromise par ses. propres excès. Je savais qu'on n'opère une révolution contre un gouvernement établi, même le plus injuste et le plus oppressif, qu'en $' appuyant sur un prétexte légal et sur des autorités reconnues par le peuple. Alors seulement les forces matérielles se divisent : la foule des hommes timides ou indifférents grossit la masse, et donne au bras du levier toute la puissance nécessaire pour soulever