SORTIE DE PARIS. I
n'ayant aucune défiance à cause de l'uniforme de garde national , dit au postillon de continuer son chemin.
Nous allâmes prendre des chevaux de poste au premier relais, sur la route de Senlis; aucun obstacle ne nous arrêta. Nous eûmes cependant un moment d'inquiétude , lorsqu'en approchant de la ville d'Arras , où nous comptions nous reposer pendant quelques heures, nous fûmes atteints et dépassés par un courrier qui précédait une voiture de poste. Il nous apprit que c'était celle des plénipotentiaires du directoire, qui se rendaient à Lille pour y conférer avec lord Malmesbury . Parmi eux se trouvait Treilhard , qui , s'il eût été seul et qu'il m'eût rencontré, aurait, je crois, feint de ne pas me reconnaître. Nous nous gardâmes bien de risquer cette entrevue. Nous nous laissâmes dépasser parla voiture, et nous ne nous arrêtâmes plus jusqu'à Anvers, où nous descendîmes dans une auberge du faubourg de Bréda. Les portes de la ville étant fermées , j'étais en pleine sécurité, et je venais de me coucher, lorsque Sennepart vint me raconter la conversation qu'il avait eue avec un individu qui nous avait très-soigneusement observés : celui-ci demandant à Sennepart des nouvelles de Paris , et prenant confiance dans ses réponses, n'avait gardé aucune réserve. Ce n'était rien moins