ARRIVER A PARIS
accoururent au-devant de moi : je trouvai mon aimable et excellente belle-mère r à la porte de l'appartement de ma femme, qui remit dans mes bras mon fils Christian.
Entré dans la vie au commencement du XIXe siècle, puisse-t-il le parcourir tout entier, et n'avoir pas , à la fin de sa carrière, à retracer à ses enfants une vie aussi orageuse , aussi traversée que la mienne!. ... Je trouvai ma Julie dans son lit, à peine rétablie : elle avait beaucoup souffert pendant les derniers mois de sa grossesse. Son courage si remarquable avait été mis, depuis le commencement de la révolution , à de si rudes épreuves, que sa forte constitution en était très-affaiblie. Les pertes considérables qu'avait éprouvées mon beau-père par la réduction des rentes, par le remboursement en assignats dépréciés, des finances de sa charge, tandis qu'il remboursait fidèlement en espèces les prêts qui lui avaient été faits par ses parents et ses amis , avaient beaucoup diminué l'aisance de la maison. Ma position si précaire encore était pour ma femme un surcroît d'inquiétude.
Quoique j'eusse été rappelé comme proscrit du 18 fructidor, j'avais été rangé dans une catégorie particulière. On m'avait fait l'honneur de me considérer comme un royaliste remuant et dan-