LETTRE AU PREMIER CONSUL
gereux : je n'avais point la permission d'habiter Paris, et je devais me retirer à Sens, pour y rester sous la surveillance de la police générale. Aussitôt après mon arrivée, je me hâtai d'en informer mon honorable ami, le consul Lebrun. Il se rendit chez moi, me parla des bonnes dispositions du général Bonaparte à l'égard des proscrits, et me dit qu'il n'avait pu obtenir que je fusse, comme tant d'autres, rappelé sans condition et détruire les effets des préventions qu'on avait inspirées au premier consul. A ce trait, je dus reconnaître la main d'un personnage fameux dont j'avais autrefois blessé l'implacable orgueil. Après avoir, en présence de toute ma famille, remercié le consul Lebrun de tout ce qu'il avait fait pour mes collègues et pour moi, j'écrivis sous ses yeux une lettre qu'il se chargea de remettre lui - même au général Bonaparte. Je lui exprimais toute ma reconnaissance pour l'inappréciable bienfait de m'avoir permis de venir embrasser ma femme et mes enfants : mais je lui demandais que, dans le cas où ma conduite dans toutes les circonstances, et les garants de ma foi , que je n'avais jamais violée, ne suffiraient pas pour dissiper d'injustes méfiances, il me laissât retourner dans le Holstein, où j'attendrais sa justice et de meilleurs temps. J'ajoutais que je manque-