AUDIENCE DU PREMIER CONSUL
« une révolution qu'avec les éléments qu'on « trouve rassemblés au moment où on l'entre- « prend. . . Si je donnais trop d'élan , trop d'in- « fluence à vos constitutionnels de 1 791 , à ceux « que vous appelez exclusivement le parti des gens « debien,jene tarderais pasà produire une réac- « tion embarrassante. J'ai bientôt appris, en « m 'asseyant ici (dans le fauteuil de Louis XVI), « qu'il faut bien se garder de vouloir tout le « bien qu'on pourrait faire : l'opinion me dé- « passerait ; le cheval amaigri bondirait bience tôt dans la bonne pâture , et deviendrait in- « domptable ...»
Tu as pu voir jusqu'ici, mon cher fils, par quels événements et dans quelles circonstances indépendantes de ma volonté ma carrière militaire avait été interrompue depuis la fin de l'anT née 1792. Le général Bonaparte me considérait comme étranger à l'armée , et ne tenant aucun compte de mes anciens services, il n'avait remarqué mes travaux militaires que sous le rapport législatif et comme écrivain. Jugeant que je serais plus utilement employé dans l'ordre administratif, il me fit proposer par le consul Lebrun, chargé de l'organisation des préfectures, l'une des plus importantes, celle de la Gironde, à Bordeaux. Je répondis que c'était malgré moi que j'avais été éloigné de l'armée; qu'il n'avait pas