PROJET DE MISSION A FLORENCE
duc de Parme, marié depuis peu à une infante d'Espagne, ce prince se rendit à Paris avec la reine d'Étrurie. Leur mariage et leur avènement furent célébrés par des fêtes. Je fus informé, par M. de Talleyrand, que le premier consul me destinait à occuper, en Toscane, la place de ministre de la guerre, et que je devais faire partie du conseil du nouveau roi. Le chevalier Azara , ambassadeur d'Espagne en France , me fit la même ouverture. On devait me former un établissement solide et honorable à là cour de Florence : je fus , en conséquence, présenté au roi et à la reine d'Étrurie. Quelques conversations avec ce jeune prince , et la présence de quelques seigneurs espagnols qui lui étaient attachés , me firent pressentir que je pourrais rencontrer beaucoup de difficultés, beaucoup de dégoûts, et que je n'obtiendrais que de tristes dédommagements de mon expatriation. Je consultai le chevalier Azara en lui exprimant franchement mes appréhensions; ce ministre, vraiment homme d'État et l'un des , plus éclairés , eut la loyauté de convenir du peu de capacité , du faible caractère du jeune roi, et des préventions de la reine contre les Français. Il me conseilla de ne point accepter cette mission, et il eut l'obligeance d'en parler en ce sens à M. de Talleyrand , et de motiver luimême mon refus auprès du premier consul.
RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS, a 3g