LA FIN DU GENERAL
Le général continua pendant cinq années son service près des Princes. Il allait régulièrement à Claremont, mais ses ressources très modiques ne lui permettaient guère d'emmener sa femme, qui menait une vie assez retirée que sa haute intelligence, ses talents et l'estime de tout l'entourage rendaient agréable. Puis le temps fit son œuvre; l'ancien soldat, qui avait tant combattu, sentit les irrémissibles atteintes de la vieillesse. Il renonça à ses courses lointaines, passa ses journées à écrire et dessiner, car il avait un fort joli talent d'aquarelliste. La goutte le tenait souvent cloué en son fauteuil, et il fallait le courage dévoué de sa chère Aglaé pour supporter les boutades d'un homme souffrant et par suite injuste. Mais rien ne rebutait celle qui avait accepté un devoir. Elle soigna son mari pendant cinq ans sans perdre un instant sa douce sérénité. Il mourut en la bénissant, et le nom de son Roi sur les lèvres, le 24 juin 1860. La jeune veuve écrivit à la reine Marie-Amélie, bien malade elle-même. Elle en reçut de précieuses consolations et continua sur la terre le chemin parcouru si dignement et où elle demeure encore au milieu de ses amis, de ses fleurs, de ses souvenirs, en sa jolie villa Joinville, à Vichy.