POSITION DÉS ARM]É£S
que fôrmaîent les Américams» s'appuyait à i'Hud* son } elle était couverte par des batteries pour là protéger contre le feu dés frégates anglaises^ qui pouvaient remonter le fleuve dians cette par. tie, appelée le Tapah-see. Les deu:K brigades françaises formaient la gauche de la ligne, appuyée à un bois et coifronnant de petites hauteurs.
Mon ami Charles de Lameth, les detiii ft*ères Berthier, récemment arrivés de FraïlCe et adjôfirits à notre étaf-majory et tiioi^ nôUS atiônâ établi notre bivouac près du quartitsr génétal de tiotfe chef, Mv de Bévilley dims une position tf ès-agréable, entre des rochers etisous de magfitfique^ tultpiers. Nous nous amusâmes à ornei" le petit espa<;e où nos canonnières étaient tendues , et noua èti fîmes eh peu de temps et à p^u dé frais tin fort joli jardin. Le général Washington pai*courant k ligne voulut nous v;oii*. Nous avions été préVéhus de sa visite^ et il trouva siâr nos tablés de îïàmpagne le plan de la bataillé de Trentoti^ avec la relation^ celui dé West-Poiiit , et quelque^ âiltres des principales actions dé cette guerre.
Qùoiqiié nous fussions ibrt près des postes avancés de l'ebnemi , il n'y eut que quelq^é^ rencontres entre les patrouilies. Je fus employé t^cfeactivement à des reconnaissances du terrain etdtes divers débouchés en avant da camp. M. le comte
KECOIVKAISSAIfCES. *] I
de Rochanibeau m ordonna de les pousser aussi loin que je pourrais, jusqu'à la vue des premières redoutes de Tenneipi à la pointe de Tile. Il me con&a un détachement de lanciers de la légion de Liauzun , à la tête duquel était le sous-lieutenant Killemaine , qui depuis parvint au grade de général de division , et se distingua comme Tun de nos meilleurs officiers de cavalerie. Je dus à sa vigueur et à son intelligence de remplir à la satisfaction du général en chef la mission dont j'avais été chargé. Après avoir fait replier quelques petits postes de chasseurs hessois, nous arrivâmes jusqu'à la portée de carabine des ouvrages, et nous nous rencontrâmes sur ce même point ^vec un détachement d'infanterie légère américaine qui avait de même exploré le terrain à notre droite. L'objet de ces rec(Hinaissances était de préparer celle que les généraux en chef se proposaient de faire peu de jours après avec un gros détachement, pour fixer plus spéciales ment l'attention du général Clinton et ne lui laisser aucun doute sur l'intention des généraux alliés.
5,000 hommes de troupes des deux nations avec deux batteries d'^artiUerie de campagne furent mis en marche vers minuit sous les ordres des généraux Chastellux et Lincoln. Les têtes de colonnes arfiyjçrei^t à la ppinte du jour à la vue des
7^ KECOJVNAISSAINCKS.
avant-postes anglais et hessois. Tout le terrain compris entre le bras de mer qui sépare le continent de l'île de T^ong-Island et la rivière du Nord à Test dans toute l'étendue de l'île de New- York, cet espace, ou plutôt cette pointe du continent, d'environ trois lieues en moyenne largeur, fut promptement nettoyée des postes ennemis, la plupart Américains loyalistes qui s'y trouvaient répandus, et qui n'opposèrent qu'une faible résistance. Les hussards de Lauzun et les dragons de l'escorte des généraux en chef, auxquels se joignirent leurs aides de camp, chargèrent ces fuyards; tout ce qui ne put s'embarquer pour repasser sur l'île fut pris ou tué.
Les généraux avec leur état*major parcoururent lentement tout le terrain découvert autour des points fortifiés , et s'en approchèrent autant qu'il leur fut possible de le faire. La canonnade fut très-vive, tant des divers ouvrages que des petits bâtiments de guerre mouillés dans le chenal et formant une espèce de ceinture autour de l'île. Ces vives démonstrations produisirent l'effet qu'en attendaient les généraux alliés, et quoique lord Clinton eut reçu, le II août, un renfort de 3 mille recrues qui j avec la garnison de Pensacola, portait ses forces à ^ it2,ooo combattants, forces supérieures à celles qui l'observaient, il ne hasarda point de se dé*
DISPOSITIOIVS DE LORD GORNWALLIS. 73
garnir pour renforcer lord Comwallis. Celm-<5i , ayant repoussé Favant-garde du général la Fayette y commandée par le général Vaine , qui s'était engagé témérairement en poursuivant l'arrière- garde anglaise, continua sa retraite sur Portsmouth dans la rivière d'Elisabeth. Bien que ce poste eût été mis hors d'insulte et fortement retranché, Comwallis ne crut pas devoir s'y renfermer, parce qu'il était trop excentrique et n'offrait pas une protection suffisante aux vais* seaux. Il préféra de remonter la rivière d'York et de faire , aux termes de ses instructions , un éta* blissement permanent à York-Town et à Glocester sur les deux rives opposées , couvrant ainsi un bon mouillage par des feux croisés. I^ général la Fayette, continuant de le suivre et de l'observer avec précaution, prit position à Yilliamsbourg , entre la rivière de James et celle d'York , à une marche d'York-Town.
ÏDans ces circonstances le comte de Rochambeau reçut et communiqua au général Washington la réponse de M. de Grasse, qui lui annonçait sa prochaine arrivée dans la baie de Chesapeak, et l'exécution des dispositions dont j'ai parlé ci-dessus. S'étant concertés avec le comte de Barras pour la réunion à M. de Grasse et le transport de notre artillerie de siège, les généraux mirent leurs troupes en mouvement le
74 PA^^SAOH PE l'iIUDSON.
i9,£|pût, et rétiTQgrr^clant 4e ti^ois marches, iU les portèrent à KingârFerry qù $e 6it avec la p)us grande célérité le paass^e d^ l'Hiidson , $pu$ la prpt^tioa d^ fopt3 améjçigains. Le général Ws^shiii^toii lai^^ à la rive g9,uche trois ûqillQ hpinpaes aa?t oifdreis d|i généir^l H^atç ppur çqi^-
vpir We$t-Poia€ et le^ Ét^ts du nprd ; il d^^stina
aussi deuJL mille bpsmmç» de milice k ri^nforcQF le corp^ de Isil F^yi^tt^. Ces di^positi^qps çt Ip p^^ sagjfr de l'Huidi^on lur^ot ©atièrwient dârot^és^^ Fen|>eq^i^ L'armée de&cpndit }a riyfe) droite jusqii'à I9 ha^i^ur de Sie^tmr'Jsland m ^y wl dç Chatam. Le coipKe de Roch^f^bei^u cbgrgf» le comipjûs- ^irie df^ guerres Villemauzy d'y ppp^iiiiri^ d^ fomrs à la yue d^s Qùvrage^ de l'^poiiipi çt prfsqU6 sous leurs yeux.
Inquiété par pes r^cpnnai^s^iip^ et ç^ diyw> ^préts ^Br l*iwe e^ l'autrp rive 4u flçuve , Iprd Clinton se crut men«pé d'iup înyestis^eweujt et d'un siège ,en règle; iï «^ wppçouna pas le réritable d^^seiii des géuér^y^x fiJjlÂé^ qui, tqurpaat tout à coup à droite 9 sur le revers des n^optagnes qui séparent ^i^téri^r de l'État de Jersey d^ ses di^tricte sur les côtes d|e la mer, conduisirent Fermée sur la Dalaware. Les eaux de cette rivière étaient heureaseniant asse» basses poifr .que le gué £ut praticable aupirès de Treatoi» au-ides- SOU3 d^s cdSimdes.^ Nous conUoiiâmes natremar-
AimiVSC A PHILADELPHIE.
Ae jusqu'à Philaddphie, où les troupes défilerait devant le congrès assemblé. Ce fat là que nous apprîmes que Tamiral Hood était arrivé devant New-York , qn'il s'était réuni à l'amiral Graves et faisait force de voiles vers la baie de Chesapeak; mais les ennemis s'étaient éclairés trop tard; il ne leur restait plus assez de temps pour nous devancer si M. de Grasse était en elfet arrivé avec ses vingt-«ix vaisseaux de ligne à Fépoque poar laquelle il s'était annoncé. Nous en reçûmes l'heureuse nouvelle' par un rapport de Baltimore. Les générai» alliés pressèrent la marche des colonnes. En arrivant à Head^f-Elk au fend de la baie, nous y trouvâmes un officier, porteur des dépêches de M. de Grasse.
Nous étions mcore éloignés de plus de cent lieues du point où nous devions nous réunir an corps de M. de ta Fayette et à celui de M. de Saint-Simon que M. de Graàse avait transporté de Samt-Domingue. Cet espace eût été bÎMtèt franchi par voie de mer, mais à peine trouva-t«oii assess d'embarcatioûs pour deux mill^ hommes. Od en profita à la hâte pour faire partir les deux avant-gardes •composée^ des grenadiers et des tliasseiirs. Tout le reste, avec l'artillerie de campagne -et les bagages , dut., sous les ordres ^les deux généraux Yiomesnil, continuer de marcher pat* terre en tournant la baîe jusqu'à Balti-