‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 19 sur 102 · PASSAGE DE LA SDSQUHANA · texte numérisé non relu

PASSAGE DE LA SDSQUHANA

bâtiments, qui, avec les transports amenés de Wiode-'Island y furent immédiatement envoyés à Annapolis.

Cependant le gros de l'armée était encore retenu sur la gauche de la Susquhana par la difficulté et la pénurie de moyens pour passer cette rivière à son embouchure au fond de la baie» Quelques bacs et le reste des bateaux qu'on avait pu rassembler pouvaient à peine suffire pour transporter lentement les troupes d'une rive à l'autre. Je fus particulièrement chargé de diriger ce passage. Informé par des gens du pays que cette large rivière était guéable, dans la belle saison , un peu au-dessous des falls ou cascades , à vingt milles au-dessus de son embouchure, je m'y rendis avec des guides et par des chemins très-difficiles. Je sondai le gué avec beaucoup de précautions, à travers les roches brisées et les bouillons du torrent, sur une largeur de six à sept cents toises. Le fond était partout de galets mobiles, mais sans affouillement, et la hauteur de l'eau de trois à quatre pieds. Je ne balançai point à indiquer aux généraux ce moyen prompt, quoique un peu hasardeux , de faire passer Fartillerie , les chevaux et tous nos impédiments. Je fus assez heureux pour y réussir avec peu de perte; l'inconvénient le plus grave fut l'immersion de nos munitions; mais il pouvait être faci-

^8 RtolTfON BR h'kRWBfE,

lem^it réparé, paisque nous étions cei'tftins de n'avoir pas k nous sef^vir de -notre artillerie de campagne.

Après le passage de l^ 'Sasqeêkiùm,iBtous ne rencontrâmes fkas d'obstacles jusqu'à Jnfmpolisj où s'opéisa r^dbarquement des i troupes et de l'artillerie. Les équipages qui ne purent point être embarqir^, ^t tout ce qili tenait à l'administration continua de suivre la route ^de terre, et fit un grand ;détour pour arriver à Villiamsboui^. Nousdébarquânmes à Janies*Town, ettoute l'armée fut réunie aux environs de VilKanisbourg le a6et le ^7 septembre 1781. Dès te lende^ main j lés généranx la portèrent sur York-Town , pour en faire Finvestissement.

Eu retraçant les souvenirs de cette gkmettise campagne, j'ai sous les yeux les excellents mémoires du comte de Rochambeau , mémoires trop peu connus et qui méritent d'être tlfifssés parmi lesineiileurs matériaux pour l'histoire de ce temps. L'esprit de vérité qui y règne, la naïve simplicité du style, la justesse et l'étendue des vues, rappeUem ie caractère et les étninéntes qualités de ce vaillant capitaine, qui avait pris pour modèle le grand Turenne dont il avait toutes les vertus, et auquel il n'a manqué que l'occasion de développer ses talents sur un plus grand théâtre pour atteindre à la célébrité des

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plus illustres généraux d année. Certes je ne pouvais suivre un meilleur guider et pour raconter Tun des plus beaux faits d'armes qui^ient honoré les drapeaux français, je'iie saurais mieux fiûre que de citer textuellement sa relation du siège d'York, sans me permettre d'y rien changer.

« Le 28 septembre nous partîmes dé Yilliams- « bourg à la pointe du jour, et bous nous porta- « lues su» York. Je * coraonériçai avec le* corps^ a français l'investissement, depms le h«ut de la « rivière d'York jusqu'au malrais près la maison a du colonel Nelson, en> profitant des bois, des c rideaux et des criques marécageuses^ de maqière «c à resserrer l'ennemi jusqu'à portée dÉ pistolet a de ses ouvrages.' Les trois brigades françaises cc.furéiit campées trèfr^près,' mais à l'abri par le «c terrain, du canon del'ennçmi. lYioiménil comce mandait les grenadiers et dbasseurs de l'avant- « garde ; et notre investissement fut fait sans la ce perte d'un seul homme '. Le même jour le

< Soit qiie lord GornwaUis ne s'aUendit pas à un monveHwiit si prompt , soit qvfil eût jugé inutile de pousser des postes en avant des redoutes qui formaient son- camp retranehé, nos avantgàtxles ne rencotKrèrent aucun obstacle, les bois favorisant nos approches. Ce déploiement successif des colonnes pour occuper le terrain inégal et coupé par des haies qui se trouvaient dans leurs intervalles, se fit avec la phii grande célérité. Nous avions été chargés , le chevalier Charles de Lameth et moi , de conduire les grenadiers et chasseurs dirigés sur la forle redoute appelée

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« général Washington , à la tête du corps améri- <K cain , fut obligé de doubler derrière nous et de ce s'arrêter sur le marais j dont tous les ponts a étaient rompus; il employa le reste de la jource née et la nuit pour les raccommoder. Le ttg^ ce l'armée américaine passa le marais j y appuya «f sa gauche, et sa droite à la rivière d'York. « L'investissement de cette place se trouva « complet et serré d'aussi près qu'il fut possible. « L'infanterie de Lauzun étant débarquée , mar* <c cha aux ordres de son colonel pour rejoindre «c sa cavalerie , que j'avais dirigée par Tarre sur a le chemin de Glocester , aux ordres du brigadier ce général Yoneden , qui y commandait un corps « de milices américaines. Toute cette légion y fut ce réunie le aS, jour de l'investissement d'York, (c La nuit du ug au 3oy l'ennemi, craignant (c d'être insulté par un coup de main dans la <c position très-étendue qu'il avait fortifiée, prit

Pigeons quarter. Le guide que nous avions pris nous assurait que nous n'en étions pas à une demi-portée de fusil, et cependant nous ne pouvions rien apercevoir à travers le bois. L'ennemi ne fit aucun mouvement, et ne tira pas un coup de fusil ; ce poste était cependant la tète et la clef de sa position. Nous nous ^attendions à des combats partiels très-vifs , parce que le terrain était propre à ce genre de défense. Les bonnes dispositions de notre général et l'intelligence avec laquelle elles furent «exécutées nous valurent ce premier succès , qui donna aux troupes beaucoup de confiance.

« le parti d'abandonner son camp retranché de « Pigeon s^Hill % et de se réduire à l'enceinte de « sa place. La journée du 3o fut employée pour « nous loger dans les ouvrages abandonnés par ce l'ennemi : ce qui nous mit à portée de le res- « serrer dans un cercle moins étendu, et nous ce donnait les plus grands avantages.

« On apprit à cette époque qu'Arnold avait été « envoyé vers la fin d'août faire une exécution « déprédatrice à New-London dans le Con necticul; « en quoi il ne réussit que trop complètement, ce puisque, après avoir passé au fil de l'épée lebrave ce colonel Lidger, qui défendait ce fort avec une ce garnison de miliciens , il brûla cette ville avec «e une partie des vaisseaux de commerce qui ce étaient dans ce port; mais cette diversion loince taine ne produisit aucun effet contre nos opéa rations. On eut nouvelle en même temps de «c l'arrivée à New-York de l'amiral Digby, avec ce trois vaisseaux de ligne , un corps de troupes ce qu'il avait à bord, avec le prince Guillaumece Henri, un des enfants du roi d'Angleterre, et « qui était envoyé par la cour pour reprendre

X L'ennemi se trouvait trop éloigné des ouvrages extérieurs , et le développement était trop étendu ; il se réduisit à la défense des fortes redoutes entre les deux ravips qui embrassaient la position. (M. D.)

8» siÉGs d'yor&^to^h.

« posisession de son gouvernement de Virginie, ff On sut que ce secours de terre et de mer mit « le général Clinton en état d'embarquer une €c partie de son armée sur la flotte anglaise ^ « composée de vingt-six vaisseaux , y compris « quelques vaisseaux de cinquante ^ qu'ils mirent ft en ligne , et accompagnée de quelques brûlots ; « on apprit aussi qu'on pressait, vivement à New- « York cette nouvelle tentative pour secourir « Comvs^allis, tentative qui, dans l'extrémité où « ce dernier était réduit^ ne pouvait être que « tardive.

a Le 3o , nous avions envoyé M. de Chpisy à a M. de Grasse lui demander un détachement de <c la garnison de ses vaisseaux pour aller renforce cer M. de Lauzun dans le comté de Glocester ; « M. de Grasse lui donna huit cents hommes. «( M. de Choisy marcha , le 3 octobre, en avant, « pour resserrer Glocester, et prendre une posi*a tion plus rapprochée. Tarleton se trouva sur ce (( terrain avec quatre cents chevaux et deux cents « hommes d'infanterie, faisant un fourrage. La a légion de Lauzun, soutenue d'un corps de mice lices américaines, l'attaqua si vigoureusement a qu'elle le culbuta, et força le détachement à « rentrer dans la place avec quelque perte, a M. de Choisy y après cette action, poussa ses tt postes avancés jusqu'à un mille de Glocester.

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« La trandiée fut ouverte dans les deux atta- « ques, au-dessus et au-dessous de la rivière « d'York, dans la nuit du 6 au 7 octobre. Celle « de la droite avait six ou sept cents toises de « développem^it ; elle fut flanquée de quatre ft redoutes. Elle fut faite sans aucune perte , « parce que nous fîmes commencer l'ouvrage par « celle de gauche, qui, bien qu'elle ne fut qu'une « fausse attaque , attira cependant toute l'attén** « tion de l'ennemi. La force de l'armée anglaise cr qui était renfermée, le caractère de celui qui a la commandait , obligèrent de conduire toutes « ces attaques avec beaucoup de méthode et de (c précaution. C'est ici le lieu de faire l'éloge de et MM. du Portail et de Querenet , qui conduisis tt rent ce siège à la tête des ingénieurs, et de « M. d'Aboville, et du général Knox, commana dant l'artillerie des deux nations. L'armée atné» a ricaine se chargea de la droite de la traûc;héé; « les Français du centre et de la gauche.

<c On doit rendre aux Américains la justice de « dire qu'ils se comportèrent avec un zèle , un a courage et une émulation qui ne lés laissèrent « jamais en retard dans toute la partie dont ils a furent chargés, quoique les opérations d'un Ht siégé leur fussent étrangères.

« Nous fîmes mettre le feu par nos batteries à « un vaisseau de guerre ennemi, et à trois autres

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ce vaisseaux de transport qui avaient mouillé dans a le dessein de prendre à revers nos attaques.

ce Dans la nuit du i4 au i5y la tranchée ayant (c été relevée par les régiments de Gatinais et de « Royal-Deux-Ponts j aux ordres du baron de «t Vioménil, nous résolûmes de faire faire Tattacc.que des deux redoutes de la gauche de ce l'ennemi. Le général Washington chargea la a Fayette de celle de droite, et je chargeai « M. de Vioménil de celle de gauche avec les a Français ^ Quatre cents grenadiers débouché*

' La modestie de M. le comte de Rochambeau lui fait négliger ici de parler d'ane circonstance assez remarquable , dans laquelle il donna fine belle et noble leçon au baron de Vioménil. Les généraux , accompagnés de quelques officiers de leur état*: major, parmi lesquels je me trouvais , s'étaient rendus à l'attaque de gauche dans une batterie fort bien placée en deçà d'un ravin qui la séparait de la redoute qu'on devait enlever. Le baron de Vioménil témoignait une vive impatience ; il soutenait qu'on retardait inutilement l'attaque , que notre feu paraissait avoir éteint celui de l'ennemi, et qu'il n'y avait point de temps à perdre. • Vous vous trompez, lui dit M. de Rochambeau ; mais, en « reconnaissant l'ouvrage de plus près, on pourra s'en assurer. » Il ordonna de cesser le feu, nous défendit de le suivre, et permit seulement à son fils, le vicomte de Rochambeau, de l'accompagner. Il sortit de la tranchée, descendit lentement dans le ravin en faisant un détour, et, remontant ensuite l'escarpement opposé, il s'approcha de la redoute jusqu'aux abatis qui l'entouraient. Après l'avoir bien observée , il revint à la batterie sans que l'ennemi l'eût interrompu par un seul coup de feu. « Eh bien! dit-îl, les abatis et les palissades sont encore en-

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» rent à la tête de cette attaque, aux ordres de « M. Guillaume desDeux-Pônte, et de M. de l'Es- « trapade , lieutenant-colonel de Gatinais. M. de « Yioménil et la Fayette firent une attaque si « vigoureuse, que les redoutes furent emportées « fépée à la main dans le même moment. On <c tua , blessa ou prit la plus grande partie de ceux K qui les gardaient» Le logement fut £Eiit en joicc gnant ces redoutes par une communication à « la droite de notre seconde parallèle. Leur emcc placement fournit le moyen d'établir de nouce velles batteries qui achevèrent de cerner l'armée a de Gornwallis, et de battre à ricochet tout ce l'intérieur de sa place à une portée qui ne pouce Viitt lui être que funeste. Le comte Guillaume ce des Deux-Ponts fut blessé , ainsi que Charles de ce Lameth ', adjudant général, et M. de Gimat, a aide de camp de la Fayette.

« tiers. Il faut redoubler notre feu pour les briser et écréter le « parapet; nous verrons demain si la poire est mûre. »

I Les adjudants généraux et les autres ofSciers d*état-migor montaient la tranchée tour à tour. Je venais d*y être relevé par le chevalier de Lameth. U marchait à la tête de la colonne , -condnisant les sapeurs qui débarrassèrent les abatis et hachèrent les palissades. Il monta le premier sur le parapet de la redoute et reçut, à bout portant, la première décharge de l'infanterie hessoisequi l'occupait. U eut les deux genoux traversés et fut renversé, dans le fossé. Dès que je fus informé de sa blessure, j'accourus auprès de mou ami qu'on avait transporté à l'ambulance.

86 siiGE d'york-town.

« On doit faire ici mention d'un trait qui « caractérise le courage des grenadiers français. « Les grenadiers du régiment de Gatinais, qui n avait été dédoublé de celui d'Auvergne, de- « vaient avoir la tête de l'attaque; au moment oà Il elle fiit décidée y je leur dis : -^ Mes enfants, 9t si j'ai besoin de vous cette nuit, j'espère que « vous n'avez pas oublié que nous avons servi à ensemble dans ce brave régiment à'^^ui^rgne « sans tache, suraom honorable qu'il a mérité « depuis sa création. Ils me répondirent que si «c je leur promettais de leur faire rendre leur nom, « ils allaient se faire tuer jusqu'au dernier. Ils (c tinrent parole, chargèrent comme des lions, « et y perdirent le tiers de leurs troupes. M. de tf Sireuil, capitaine de chasseurs, y fut Messe, et « mourut de ses blessures, universellement re- « gretté. Le roi , sur le compte que je lui en rente dis, signa l'ordonnance qui restituait à ce te régiment le nom de Rojal-Am^ergne.

« La nuit du i5 au 16, l'ennemi fit une sortie

Les c'hirurgieDs avaieot déclaré qu^il nti pouvait être sauvé que par l'amputalioo des deu% cuisses. Le chirurgien en chef, M. Robillard » plutôt que de réduire à Tétat de cul-de-jatte un jeuae officier d'une si grande espérance, refusa de pratiquer Farapu* tati^Q, et hasarda de s'en remettre à la nature pour la guériaen de blessures aussi graves. Le succès couronna «a confiance et noire espoir.

psisE d'tork«towv. Sn

« de six cents hommes de troupes d'élite; il c trouva de la résistance k toutes nos redoutes, « et se jeta dans une batterie de la seconde pa*» « rallie, dont il encloua quatre pièces. Le che* « valier de Chastellux marcha à l'ennemi avec sa tf réserve, et repoussa cette sortie. Les quatre « pièces, mal enclouées, tirèrent six heures «c après, par les soins du général d'Aboville, ff commandant notre artillerie. Le marquis de « Saint-Simon fut blessé à la tranchée du lende- « main, et finit ses vingt-quatre heures sans « vouloir se faire relever.

« Enfin le 1 7 , Tennemi commença à parlemen- « ter, et la capitulation fut signée le 19 octobre, « par laquelle le lord Cornwallis et son corps « d'armée furent prisonniers de guerre. Les Amé- « ricains et les Français prirent possession à midi « de deux bastions. La garnison défila, à deux «r heures, entre les deux armées, tambour batte tant, portant ses armes, qu'elle réunit ensuite « en faisceaux avec une vingtaine de drapeaux. «( Lord Cornwallis étant malade, le général « OUara défila à la tête de la garnison. En arri- <« vant, il me présenta son épée '; je lui

* Je fus chargé d'aller au-devant des troupes de la garnison et de diriger la colonne ; je me plaçai à la gauche du géuéi*al 0*Hara. En approchant des tranchées, il me demanda où était

^8 PKiSE d'york-town.

«c montrai , vis-à-vis de moi , le général Washing- « ton à la tête de l'armée américaine, et je lui « dis que l'armée française étant auxiliaire dans <c le continent y c'était au général américain à lui a donner ses ordres.

ce Le colonel Laurens, le vicomte de Noailles, « et M. de Granchain, avaient été nommés par a leurs généraux respectifs pour dresser les arti- (c clés de cette capitulation , conjointement avec « des officiers supérieurs de l'armée de Corriwalcf • lis. Elle fut signée par le général Washington , « le comte de Bochambeau et M. de Barras^

le général Rochambeau. « A notre gauche, lui di8-je,àla tête de « la ligne française.» Le général anglais pressa le pas de son cheval, pour présenter son épée au général français. Pressentant son intention , je partis au galop pour me placer entre lui et M. de Rochambeau, qui, dans ce moment, m'indiquait du geste le généf al Washington , placé en face de lui à la tête de l'armée américaine. «Vous vous trompez, dis-je au général O^Hara, le général « en chef de notre armée est à la droite. » Je l'y conduisis, et à l'instant où il élevait son épée, le général Washington, le prévenant, lui dit : Net'er from such good ahand! (littéralement, jamais d'une aussi bonne main. )

La garnison défila entre les deux lignes, au delà desquelles je la fis former en bataille et mettre les armes au faisceau. Les officiers anglais témoignaient le plus vif dépit, et je me souviens que le colonel Abercromby des gardes anglaises ( le même qui , depuis, périt en Egypte sur le champ le bataille où il venait de triompher), au moment où sa troupe mettait bas les armes, s'éloigna rapidement , se couvrant le visage et mordant son épée.

PRISE D*TORK-TOWBr. 89.

ce chargé des pouvoirs du comte de Grasse , et « mise sur-le^hamp en exécution. Nous trouva- « mes huit mille prisonniers, dont sept mille de ce troupes régulières, et mille matelots; deux M cent quatorze pièces de canon, dont soixantefic quinze de fonte , et vingt-deux drapeaux. Dans « le nombre des prisonniers, on peut en compter a au moins deux mille qui étaient dans les hôpitf taux, dont on prit le plus grand soin. Tout le « reste fut envoyé dans l'intérieur du pays.

ce Je dois à cette occasion rendre justice au zèle (( et à l'activité de MM. Blanchard, commissaire « des guerres, Coste et Robillard, ofiBciers de ce santé, qui par les soins les plus assidus pour «( nos malades et blessés , tant amis qu'ennemis y ce ont rendu, dans nos hôpitaux militaires, les <c soins les plus précieux à l'humanité pendant le « cours de ces trois campagnes. .

« Je fis partir le duc de Lauzun et le comte <c Guillaume des Deux-Ponts sur deux frégates « différentes pour porter la capitulation en « France , et le sieur Tilman , aide de camp du « général Washington , fut envoyé par ce général <f au congrès. »

(Extrait des Mémoires militaires y historiques et politiques de Rochambea^u, etc., etc. Tome i®', pages 289 et suii^.y édition de 1809.)

Lord Clinton, qui, ayant sous ses ordres, à

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