‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 60 sur 102 · MODON · texte numérisé non relu

MODON

par une forte muraille , haute d'environ trente pieds, flanquée de tours carrées, et ayant un terre-plein de trois à quatre toises. Il y a à Textrémité du côté de la mer une tour très-élevée et beaucoup plus forte que les autres. En avant de cette tour se trouve un îlot rond , qu'on a lié à la place par un petit môle avec un parapet du côté du large, et sur cet îlot on a construit une tour à plusieurs étages. Sur le premier et le plus bas je remarquai une batterie à fleur d'eau , qui défendait le mouillage et battait sur la passe entre l'île Sapience et la terre.

Du côté de la terre, où est leur seul front d'attaque, les anciennes fortifications consistaient en une double muraille flanquée de tours, et celle du milieu de la presqu'île était beaucoup plus forte à cause du terrain extérieur qui domine et plonge cette partie. Les Vénitiens s'étant emparés de cette place et de celle de !Navarin, fortifièrent Modon du côté de terre. On profiita de la double enceinte du côté du front d'attaque, et pour ne pas l'étendre davantage, on construisit sur l'angle saillant de la forte tour dont je viens de parler, un ouvrage à couronne. On a suivi dans son développement les irrégularités du terrain et profité des anciennes murailles pour se ménager des feux supérieurs. Cet ouvrage me parut bien entendu. On s'est défilé autant qu'il

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