CORON
rection des Grecs, a pu, avec une armée de trente mille Égyptiens ou Albanais , ravager ces belles contrées , détruire une grande partie de la population 9 mais n'a pU soumettre un seul Hellène au joug musulman. Il n^a sauvé l'honneur des armes qu'en évacuant la Grèce , lorsque les trois puissances chrétiennes, l'Angleterre, la Russie et la France, sont intervenues , après cinq années de l'héroïque résistance des Grecs ^ pour assurer leur affranchissement»
I^es pavillons de ces trois puissances idottent aujourd'hui sur ces mêmes remparts que j'examinais il y a quarante ans; et c'est aux armes françaises qu'était réservé l'honneur de les y arborer et de briser les fers de la Grèce. Certes j'étais loin d'espérer que mes pressentiments et les mêmes suppositions militaires dont j'étais occupé se réaliseraient avant la fin de ma carrière.
La rade et le fort de Coron se trouvent à deux lieues et demie, dans le N. E. du Venetico, sur la côte orientale du golfe. Le mouillage est formé par une pointe très-élevée qui court dans l'est. On mouille dans le nord à elle par les douze à quatorze brasses , la pointe du fort restant au S. et S. i/a S. £., à la distance de six cents toises, et à sept cents toises des taches blanches qu'on aperçoit sur la côte : tel est le poste des vaisseaux en hiver , et il serait dangereux de s'ap-^ L a5
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procher davantage; mais on peut, dans lir belle saison^ mouiller plus près du village , par les nfêuf à dix brasses, fond de sable fin.
Le fort de Coron est bâti sur la langue de terre qui ferme le mouillage, et sur un rocher escarpé qui n'est accessible que sur un seul point, du côté des hauteurs qui dominent la ville. Les for* tifications sont anciennes et irrégulières. Les Vénitiens, qui s'en emparèrent en 1 68 5, après uii long siège, les augmentèrent surtout du côté de terre, pour défiler cette partie des hauteurs qui la commandent; c'est là qtie sont les ouvrages les plus considérables.
La forteresse de Modon est également située sur une langue de terre, qui forme, avec les îles Sapience, un mouillage assez bon dans la belle saison, mais très-dangereux en hiver, à cause de la mauvaise qualité du fond et de la forte mer qu'y élèvent les vents d'ouest. Le mouillage entre la côte et les Sapience^ appelé le Fer à cheval y est préférable à celui de Modon ; les bâtiinents lé« gers qui croiseraient sur les atterrages du cap Matapan pourraient y relâcher.
L'ancienne forteresse de Modon est bâtie suar un rocher qui tient à la terre ferme par un isthme d'environ deux cent cinquante toises; Toute la partie du côté de la mer , même dans l'intérieur du port , est hérissée de roches et fermée