NAVARIN
pas dans le Levant sans s'apercevoir des fautes des Russes, effacées toutefois en partie par le succès inespéré de Tchesmé.
La position de Modon au milieu de la côte occidentale de la presqu'île, et couvrant le point de débarquement le plus commode, a toujours fait considérer cette place comme la première et la plus importante à occuper pour s'établir en Morée. Sa proximité du beau port de Navarin, dont elle n'est éloignée que de deux lieues, lie sa défense à celle du château du fort de Navarin. Cette ville et son port, le plus vaste et le plus sûr de toute la Morée, sont situés sur la côte occidentale, à quatre lieues dans le sud de l'île du Prode et sur les confins de l'Arcadie.
Le port de Navarin est formé par une île inabordable de toutes parts, qui, formant une baie d'environ une lieue d'enfoncement, laisse une passe à chacune de ses extrémités. Celle du nord, étroite et ensablée, est à peine praticable pour les bateaux les plus légers. Celle du sud, extérieurement ouverte d'environ douze cents toises, est défendue d'un côté par desécueils, et de l'autre part par les forteresses du nouveau Navarin.
La reconnaissance de ce port, quand on vient de l'ouest, est une montagne élevée en forme de cône qui reste un peu dans les terres, c'est-à-dire, dansl'Ë. N. £. du port; et, dans le sud à elle, on
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aperçoit; une moata^gne longue et pointue vers les deux extrémités. L'une et l'autre doivent rester à tribord quand on donne dans l'entrée du port. En approchant de la côte, on reconnaît d'abord le vieux Navarin qui est au nord de l'entrée; ensuite, on distingue un ilôt escarpé à pic tout autour, et dont la partie supérieure est aplatie. L'entrée du port se trouve entre cet îlot et le port du vieux Navarin. Elle court N. E. et S. O. et a six cents toises de largeur. Les côtes sont fort saines de l'un et de l'autre bord. On laisse courir dans le nord et l'on va mouiller par le travers d'un petit écueil qui est au milieu du port. Le meilleur poste est à la distance de deux cent cinquante toises de cet écueil, par un fond de vingtdeux à vingt-quatre brasses , vase noire. On peut mouiller partout en sûreté ; le seul vent de S. S. O. y élève un peu de mer.
Les terres qui entourent ce superbe bassin sont fort élevées dans la partie du sud et de l'est. Il y a dans le fond une petite rivière, à l'embouchure de laquelle on peut faire de l'eau. Du côté du nord les terres sont fort basses; la montagne sur laquelle on voit le château du vieux Navarin est entourée d'étangs et dé marais impraticables en hiver.
Les deux passes du port de Navarlp sont fortifiées; le château du vieux Navarin, pris et
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repris plusieurs fois par les YémtienjS et les Turcs, a été enfin abandonné à cause de son peu d'importance. Le nouveau Navarin , dont la situation avantageuse défend bien l'entrée du port , est le seul point que les Turcs aient conservé.
La ville du nouveau Navarin est bâtie sur le penchant de la colline au sud de l'entrée du port; elle est environnée d'une assez bonne muraille flanquée de tours. Il y a du côté de la mer et sur l'extrémité de la pointe la plus avancée dans la passe, un, demi-bastion, dans la face duquel je vis une batterie double dirigée sur l'entrée du port et dont les embrasures inférieures étaient casematées.
Le fort^ ou citadelle , qui fut bâti par les Tdircs en 157 a , et que le général Morpsini leur enleva en 1686, domine la ville et est lié à son enceinte. C'est un bexagone construit sur de petites proportions, sans fossés ni ouvrages extérieurs. Cette position est dominée par des hauteurs qui l'environnent à la demi-portée du capon. Deux raviqs qui l'embrassent rendraient les approches de cette petite place pissez difficiles ; mais o^ n'a ps^ profité de cet avantage.
Les ]Blusses s'emparèrent du nouveau Navarin en quatre jour$ de siège : ce auccès leur atlûra uniç foule de G^eçs, et ils ouvrirent aÛQsi leur infructueuse campagne ^ Morée. JuSl flotte,