ARRIVEE A TOULON
neval espérait pouvoir passer par le détroit de Messine ; je préférais aussi la belle navi^ticm le loag des côte^s d'Italie à celle du canal de Malte , rarement agréable dans cette saison. Les vents tinrent au nord et nous obligèrent à passer au sud du cap Passero ; nous étions Le lendeiinaÂn en vue de Malte. Les vents fraîchirent, et comm& notre grand mât était fort avarié , nous fumes contraints , après deux jours de tourmente , de relâcher à la côte d'Afrique. Ayant remis à la voile, nous mouillâmes le 6 août s 784 devant le lazaret du port de Toulon.
Nous ne redoutions pas les ennuis de la quarantaine, qui fut fixée à vingt-cinq jours. Comme nous avions profité de nos divers séjours pour mettre en ordre les matériaux que nous avions recueillis, nous employâmes tout ce temps à rédiger une relation commune, nautique et topographique, à laquelle se rattachaient les détails les plus circonstanciés. sur chacun des points que npus avions visités. J'avais déjà préparé la ^nise au net d'environ cinquante cartes ou plan$ qui devaient former l'atlas à joindre à nos mémoires. Aidé par mon secrétaire Bemizet, je parvins à achever ce travail avant l'expiration de la quarai?t^Âne. Mon collègue dirigeait et corrigeait la transcription des mémoires avec une égale diligence. Les longs j^ours de cette saison nous
RETOUR A PARIS. SgS
semblaient trop courts, et nous eûmes, ^vant de rentrer à Toulon , et de nous séparer momentanément, la satisfaction de voir cet ouvrage twminé, et prêt à être présenté au ministre M. le maréchal de Castries, qui nous donna l'ordre de nous rendre auprès de lui.
J'allai passer quelques jours à Montpellier chez mon père, et j'y fus très-heureux de la satisfaction qu'éprouvait ma famille de mon avancement, du succès de mes travaux et des témoignages de confiance que je recevais du gouvernement. Le comte de Bonneval m'avait devancé à Paris; nous fûmes l'un et l'autre fort bien accueillis par les ministres, M. le maréchal de Castries et M. le maréchal de Ségur, et nous obtînmes, l'un et l'autre, de la munificence royale une pension de deux mille francs sur les fonds de la marine. Le comte de Bonneval fut nommé major général à l'arsenal de Toulon, et l'on me fit espérer que je ne tarderais pas à être promu au grade de colonel. Je reçus avec reconnaissance ces encouragements, et je fus surtout flatté de l'approbation que donnèrent au résultat de nos travaux MM. de Fleurieu et de Borda qui avaient été chargés de dresser nos instructions. Le ministre m'ordonna de faire faire sous mes yeux une copie de nos volumineux mémoires, ainsi que de l'atlas qui y était joint, et dont j'ai déjà parlé-
L'exemplaire original de cet atlas fut remis au dépôt de la marine ; la copie resta entre les mains de M. le chevalier de Fleurieu ; je ne conservai que mes minutes.
MISSION EN AIXEM4GNX. 897