ARCHIVES DE LA. MARINE
reuse union, et mon mariage fiit béni ,Ie 5 février 1785, par Tévêque de Montpellier, à la chapelle de la bibliothèque royale.
Peu de temps après mon mariage , je fus chargé par le maréchal de Caslries de travailler de concert , d'abord avec M. le comte de Bonneval , ensuite avec le marquis de la Prévalaye, capitaine de vaisseau , et l'un des officiers les plus savants et les plus distingués de la marine française, au dépouillement et à l'examen des papiers formant les archives ou dépôt de la marine. Ce dépôt était alors établi à Versailles, soûs la direction d'un archiviste. Il n'y avait dans cette masse immense de papiers aucun système de classement. Les matériaux historiques les plus intéressants s'y trouvaient mêlés et confondus avec un fatras de pièces inutiles, de correspondances, qui, même à l'époque de leur date, n'avaient pu mériter le moindre intérêt. Ce poudreux amas de cartons rangés par années et par ordre alphabétique avait été religieusement conservé par les commis employés à l'enregistrement successif; ceux-ci regardaient comme une profanation l'examen (Jue nous devions en faire.
Ce travail dura environ une année; une partie seulement présente quelque importance sous le rapport historique. La suite du dépouillement n'ayant offert rien d'intéressant, mon collègue,
4o6 PROJET DE DEFENSE DES GOLOrTIES.
le marquis de la Prévalaye, fut appelé à Brest pour y surveiller de nouvelles constructions , et je fus chargé par le ministre d'un nouveau travail sur l'organisation militaire et sur la défense des colonies.
La nouvelle tâche que m'imposait la confiance de M. le maréchal de Castries était d'une plus grande importance que celle que je venais de remplir; j'en apercevais toute l'étendue,' je sentais mon insuffisance; mais, sans trop m'en alarmer, je m'y appliquai de toutes mes forces.
L'objet que se proposait le ministre n'était rien moins que la solution du problème du meilleur système de défense des colonies, sous les rapports des forces passives et des forces actives du matériel et du personnel. Il avait remarqué, pendant le cours de la dernière guerre, qu'on ne s'était jamais occupé de résoudre ce grand problème, que la variation des systèmes et les diverses opinions des gouverneurs et commandants en chef avaient prolongé les incertitudes. Les uns soutenaient que toute la défense des colonfes consistait exclusivement dans l'emploi des forces navales , et que les colonies que les flottes ne pouvaient plus protéger étaient nécessairement perdues. Les autres voulaient que leur défense locale fût assurée par un système de fortification , approprié aux localités et à l'impor-