LICENCIEMENT DES GARDES FRANÇAISES
d'officiers très-instruits j très-recommandables par leur bonne conduite; ils avaient pris sur les soldats l'influence que les officiers, moins rapprochés d'eux et négligeant les détails du service, avaient graduellement perdue. Plusieurs d'entre eux tenaient beaucoup à la conservation du régiment des gardes françaises et ne voulaient abandonner ni leurs drapeaux, ni leurs privilèges , ni leurs casernes ; de plus hautes intriguas se mêlaient à ces vifs débats; et cependant il fallait conjurer cet orage qui pouvait amener une crise dangereuse pour la cause de la liberté. Je secondai M. de la Fayette dans cette pénible négociation ; Paris en dut le succès à sa fermeté , à son esprit conciliant , à l'autorité de ses paroles ; on le dut aussi au zèle généreux des banquiers Jauge et Cottin, qui, sur la parole du général, prêtèrent environ douze cent mille francs, représentant la valeur des masses, qui furent distribués aux gardes françaises au moment de la dissolution.
Je continuai de m'occuper de tous les détails de l'organisation des gardes nationales parisiennes; j'en pris l'uniforme, et me fis inscrire comme simple fusilier dans ma section , celle dite de Bonne- Nouvelle; j'y faisais régulièrement mon service, et plus tard, comme le commandant en chef et tout son état-major me pressèrent de prendre
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mon rang dans Fétat-major général , j'acceptai le titre et les fonctions gratuites d'adjudant général ou maréchal des logis , correspondant au grade que j'occupais dans l'armée.
Je n'écris point l'histoire de la révolution, sur laquelle tant d'auteurs contemporains, acteurs ou témoins , se sont exercés à l'envi, et que tant d^autres,qui ne l'avaient point vue, ont témérairement voulu juger et fixer d'après des documents diversement imprégnés de l'esprit de parti. Je ne rapporterai donc point dans leur ordre chronologique les immenses travaux de l'assemblée constituante, que je suivais avec un intérêt chaque jour ranimé par les discussions publiques et par les conversations confidentielles de ceux de mes intimes amis qui y prenaient le plus de part. Je ne dirai point ( car la postérité pourra seule en juger sainement et le dire) quelle fut l'influence des hommes sur les faits, et quelle fut celle delà force des choses et des événements imprévus sur les résolutions des hommes. Je n'apporte à cet amas de matériaux qu'un bien faible tribut, un témoignage sincère sur les actes auxquels j'ai personnellement concouru. Je dois cependant dire que, d'après tout ce que j'ai vu et tout ce que j'ai lu des travaux de l'assemblée constituante, l'ouvrage de feu mon honorable ami le comte Alexandre de Lameth est celui qui