PREMIÈRE FORMATION
et le général la Fayette , chargé de l'exécution de ces dispositions, me remit la minute écrite de ma main et que j'ai conservée. On y lit à la marge ce peu de mots :
ff Ces notes sont recommandées par le mar- « quis de la Fayette à l'attention très-particulière « de MM. du comité militaire; il les prie de les « lui renvoyer quand ils en auront fait usage. »
— Je verrai ces messieurs à midi.
Signé L4 Fayette.
(a3 juillet 1789).
Je rédigeai, sans perdre un instant, les trois règlements annoncés dans la note; je fus aidé dans ce travail par le colonel Gouvion , aide de camp du marquis de la Fayette, et son fidèle compagnon d'armes pendant les guerres d'Amérique, et pai* le commissaire des guerres Chadelas, ancien secrétaire du comte de Guibert, et depuis secrétaire du conseil de la guerre. Appelé par le général à remplir les fonctions de commandant en second de la garde nationale parisienne, le colonel Gouvion s'y refusa d'abord avec obstination ; il voulait absolument me laisser ce poste difficile, auquel le rendaient trèspropre son expérience , sa fermeté et son dévoue» ment éprouvé à la personne du commandant en chef. II fallut vaincre sa modestie, lui prouver
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qu'il était, par sa position auprès du général, plus populaire, et par là plus utile au succès de la nouvelle organisation, qu'un officier supérieur, qui, peu de jours auparavant, siégeait dans le conseil de la guerre, et dont on pouvait facilement, dans de telles circonstances, faire suspecter le patriotisme.
Satisfait d'avoir concouru à décider le brave Gouvion à ce sacrifice, j'indiquai quelques officiers de l'armée, parmi lesquels se trouvaient mon frère Dumas de Saint-Marcel, capitaine au régiment d'Aquitaine, et mon ami Lajard , lieutenant » au régiment de Médoc, comme les plus propres à remplir les fonctions de majors de division. Lajard fut chargé de celles de major général. Il les remplit avec un zèle et une intelligence qui lui concilièrent l'estime et la confiance générales.
L'un des principaux avantages de ce plan d'organisation était le licenciement des gardes ^ françaises par la dispersion et la fusion des soixante compagnies dans les soixante bataillons de la garde nationale. Cette opération fut extrêmement difficile à cause de l'indiscipline qui régnait dans ce corps depuis les derniers troubles^ auxquels le plus grand nombre des soldats avaient pris part, et à cause des rivalités, des prétentions, des exigences des sous-officiers. Les sergents des gardes françaises formaient réellement un corps