‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 1 sur 112 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

Dispositions pour ma sortie de Paris. — Arrestation à Yvelot.

— Embarquement. — Aj-rivée et séjour en Angleterre. — Retour en France. — Établissement au Havre. — Pei*sécutions pendant la teri*eur. — Fuite et sortie de France. — Arrivée en Suisse. — Établissement en Suisse. — Le drame intitulé Une nuit du comité de salut public. — Mémoire adressé au prince de Sa\e-Cobourg. — Mémoire adressé au ministre d^Espagne en Suisse. — 9 thermidor. — Rentrée en France.

— Nouvelles persécutions.

Oi, contre le cri de ma conscience et déviant de mes principe», j'avais pu me laisser tenter par les propositions qui m'étaient faites , et chercher une garantie dans ma réélection, les III. 1

a Disposmoss

aris salutaires de mon collègue d'Espinassy m'auraient préservé de cette faute et de cette erreur. A mesure que nous approchions du ao septembre, jour assigné pour la dernière séance de rassemblée, mon ange tutélaire redoublait de vigilance, et m'assurait que jVtais observé et suivi. Il me pressait de demander mon passeport au président Cambon. Celui-ci, mon compatriote, ne voulut jamais, quelques motifs que je fisse valoir , céder à mes instances. Ce ne fiit que la veille de la dissolution que je parvins à l'obtenir. D'Espinassy me dit qu'il avait été convenu qu'on ne délivrerait des passe^|>orts aux membres de l'opposition constitutionnelle que le plus tard possible, parce qu'on redoutait encore leur influence dans les départements : il voulut m'accompagner au bureau des expéditions, et me dit en y entrant : « Regardez, sans qu'il y paraisse, Thomme qui nous suit, et qui certainement n'est pas un député. » Cet individu, que je fixai, resta dans le bureau, jusqii'à ce que j'eusse signé mon passe>port, et je le trouvai à la porte de la salle lorsque j'y rentrai pour la dernière fois, et pour faire apposer la signature du président.

Dès ce moment, je ne m'occupai plus que des moyens de me rendre en sûreté au Havre, où j'étais attendu par ma famille, et où mon ami le

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