‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 28 sur 112 · MISSION A PARIS · texte numérisé non relu

MISSION A PARIS

et quand les amoncellements de neige en avaient comblé et effacé la trace , était-il possible de s'y engager, et d'y faire passer non-seulement l'infanterie, mais aussi la cavalerie, et tout le matériel de l'artillerie?

Le général Macdonald jugea nécessaire de m'envoyer à Paris pour rendre compte au premier consul, et prendre, dans tous les cas, ses derniers ordres sur cette entreprise. Je reçus comme une faveur cette mission qui me fournissait l'occasion de faire un rapport de vive voix sur un objet si intéressant, et celle de passer quelques instants au sein de ma famille.

Je fus admis en audience particulière dans le cabinet du premier consul. Après m'avoir écouté attentivement, il fit apporter la grande carte du Tyrol , qu'on déploya sur le tapis. U se coucha dessus , ainsi que moi , et me fit répéter tous les détails de la reconnaissance de ces hautes régions. Il m'interrogea sur la force présumée et les positions du corps du général Hiller, et des divisions Auffenberg,Kaim,Laudon, Davidov^ch et Wukassowich, à la tète des vallées du TyrtA vers l'Allemagne et vers l'Italie : il débrouillait, dans ses diverses suppositions, ce grand chaos des Alpes, entre le Rhin et l'Adige : « Nous leur enlève- « rons, dit-il, et presque sans combattre, cette « immense forteresse du Tyrol :ii faut manœuvrer

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