iO LE CHAMP DK BATAILLE DK HOHEMLINDEN
Mattempot, où il déboucha parla grande chaussée de la forêt, sur les derrières de l'armée autrichienne et bavaroise, pendant que le général Moreau, avec le centre de son armée, attaquait (le front la tête des colonnes qui débouchaient dans Téclaircie de Hohenlinden, et que le général Decaen attaquait leur flanc gauche avec une seule brigade. C'est d'après cette reconnaissance du champ de bataille, d'après mes conversations avec le général Moreau, et les officiers qui, sous ses ordres, firent exécuter tous les mouvements qu'il avait tracés d'avance, enfin , d'après les pièces officielles et les divers ordres qui m'ont été communiqués par le général Dessolles, chef d etat-major de cette armée, que j'ai décrit cette bataille dans mes Essais historiques, ou Précis des événements militaires. Si je ne renvoyais fréquemment à cet ouvrage les lecteurs de ces mémoires, il me faudrait transcrire des passages entiers, lorsque je voudrais rendre compte des événements dont j'ai été témoin oculaire.
En revenant à Trente, je suivis la route de Munich à Insprûck, et j'eus occasion de voè les fameux retranchements de Scharnitz sur la frontière du Tyrol : le marquis de Cbastellefi sôus la direction duquel ils avaient été construits, m'en avait parlé comme d'une impénétrable barnère. (7était la clef du Tyrol et Ip
PAIX DE LIJNÉVILLE. 2îil
nœud du système de défense. 11 me sembk que, malgré l'avantage évident de la position et l'aspérité des montagnes à cet étroit passage , les retranchements pouvaient être tournés par leur appui de gauche; et en effet, cette attaque audacieuse fut exécutée avec un plein succès quelques années après par le maréchal Ney. I^ général I^courbe avait raison lorsqu'il me (lisait : « Les Autrichiens, pour défendre leur a grande citadelle du Tyrol, ont élevé partout «des fortifications; ils ont barré les hautes tf vallées, fermé toutes les passes : il y a des « chiusn à chaque pas. Nous leur ferons voir (c que nos voltigeurs grimpent et descendent « partout où les chèvres peuvent passer, et ces N contrées hérissées de mositagues na seront N pour nous qu'une plaine , un pays ouvert, jo
Peu de temps après mon retour à Trente, nous y reçûmes la nouvelle de la paix de Luné* ville, et Tordre de la dislocation de l'armée des Grisons. Le général Macdonald , qui m'avait comblé de témoignages honorables de sa satisfaction et de preuves d'amitié, me permit de le devancer à Paris. Je repris la route du Tyrol par Insprùck, et m'arrêtai quelques jours à Munich avec mes deux frères- Je ramenai avec moi mon aide de camp, le chef d'escadron Louis Komeuf , et le jeune Alfred deLameth qui faisait
Ilk'à EMTRÉF. AU CONSEIL D ÉTAT.
près de moi le service d'ordonnance, le même qui fut depuis aide de camp du maréchal Soult^ et périt sî malheureusement en Portugal , assassiné par des brigands, officier d'une grande espérance, et que je considérais comme un de mes enfants.
De retour au sein de ma famille, au mois de - mai i8of , je fus bien accueilli par le premier consul, qui, sur l'obligeante sbUicitation du général Macdonald , me nomma conseiller d'État en service ordinaire h la section de la guerre. Cette section était alors présidée par le général Lacuée, et j'eus pour collègues les généraux de division Brune, Gouvion- Saint -Cyr, Desselles et Andréossy. Je pris une part très-active aux nombreux travaux de la section de lu guerre. Mes rapports furent remarqués par le premier consul; il me chargea particulièrement de traiter diverses questions importantes , relatives soit k l'organisation , soit à l^dininistration del'arBiée. Je présidai une commission pour l'apurement de la comptabilité des Invalides, et une seconde pour celle des hôpitaux militaires. Je fus mud pendantquelque temps très-occupé de recherches et de rapports spéciaux qui servirent à l'arrêté des consuls sur la comptabilité de la solde et le nouvel établissement des revues.
L'inspecteur en chef aux rewies, Dara, me