MISSION A BURGOS
une masse d'environ quarante-cinq mille hommes. A lu même époque, le corps d'armée du général Junot, dit armée de Portugal, lequel avait été, après la capitulation de Cintra, transporté en France, rentrait en Espagne par Bayonne, et se dirigeait sur Burgos. Je reçus l'ordre de rester à Burgos, pour diriger, d'après les ordres que je recevrais, le mouvement des troupes qui arriveraient sur ce point principal des communications pendant l'opération sur Madrid. Le général Darmagnac prit le commandement de la place et du château, ^i (ut mis en état de défense.
Après avoir reçu mes ordres , au moment où Tempereur allait monter à cheval , je fus appelé près de lui, et, d'après ce qu'il me disait sur l'importance du point de Burgos, je me permis de me plaindre de ce que cette fois il me lais* sait sur les derrières de l'armée. — « Monsieur <f le général, me répondit-il brusquement, sur «c un tel théâtre de guerre il n'y a ni derrière ni ^ devant ; j'envoie Durosnel à Logrono avec un « fort détachement ; vous vous tiendrez en relaie tion avec lui et avec le maréchal Soult à Ca- « non : vous aurez ici assez d'occupation. »
En effet , les fréquentes communications avec l'armée Impériale d'un côté, les convois, les détachements venant de France, le passage des
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troupes qui joignaient les divers corps d'armée, la correspondance avec le major générai, avecle maréchal Soult, ne me laissaient que peu de loisirs; les guérillas, qui ne tardèrent pas k paraiti sur ces communications, les rendirent bienlftt difficiles et périlleuses. Tétais souvent ohhige de retenir près de moi les officiers d'étifl-niajor chargés de mission, et malgré la précaution de les faire escorter d'un poste à l'autre, plusieurs d'entre eux furent surpris par des embuscades et périrent victimes de leur zèle et de leur témérité.
Pendant que l'empereur passait le Douro, forçait les défilés de la Sommo-Sierra, après un combat brillant, où se distingua particulièrement la cavalerie légère de sa garde, et dans lequel Philippe de Ségur fut grièvement blessé, l'armée anglaise débouchait du Portugal par Ciudad-Rodrigo et Salamanque; cette armée, commandée par le général Moore, était forte d^environ vingtsept mille hommes, en y comprenant quelques bataillons d'infanterie portugaise. Il parait que le but de la marche audacieuse du général Moore était d'attaquer le corps du maréchal Soult, de se porter sur Burgos pour couper notre ligne d'opérations, exciter et soutenir les insurrections dans les provinces de Biscaye, dans la Navarre et dansl'Aragon, et combiner ce grand mouve^