‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 65 sur 112 · INSTRUCTION SUR LA CONSCRIPTION · texte numérisé non relu

INSTRUCTION SUR LA CONSCRIPTION

comme aussi pour les simplifier et les rendre plus rapides. J^avais employé plus de six mois à ce travail. Je faisais discuter tous les jours devant moi parle chef de division, Hargenvilliers, mon secrétaire général et les chefs de bureau , les chapitres successifs de cette instruction. Je corrigeais ensuite, et apurais scrupuleusement la rédaction. Quand cet ouvrage qui, comme on le voit, était bien plus celui de mes collaborateurs que le mien, et appartenait principalement à M. Hargenvilliers, fut terminé, je le portai au duc de Feltre, ministre de la guerre, avec un rapport explicatif. Je n'y dissimulai point que j'avais cru devoir adoucir autant que possible les rigueurs de la loi pour quelques cas d'exemption , et dans la pénalité administrative. Je rendais compte des divers changements dont l'expérience avait fait connaître la justice et l'utilité; je proposais à S. M. de nommer une commission de conseillers d'État des sections delà guerre et de l'intérieur pour examiner ce travail et lui en rendre compte. I^'empereur, après avoir lu mon rapport, approuva l'instruction générale, et m'ordonna de la publier. Cette espèce de manuel a, depuis, servi de guide à tous les agents civils et militaires employés aux diverses opérations de la conscription. Il a été traduit en allemand et en italien^ et, dans plusieurs

^^9^ PRISE DU GKNÉRAL FRANOESCfll.

États de r£iirope, on a adopté et mis en pratique les règlements qu'il renferme.

Pendant que je me livrais ainsi tout entier à mes occupations 9 et que j'en étais dédommagé par les témoignages de satisfaction que j'obtenais de l'empereur y mon bonheur domestique fut troublé par la cruelle perte que je fis de mon gendre, le général Franceschi, et par le mortel chagrin de ma chère Octavie.

Ta vais reçu pendant mon dernier séjour .an quartier général de Schœnbrunn , la nouvelle de l'enlèvement du général Franceschi, par une guérilla 9 aux environs de Zamora. Ce fut après la belle retraite de l'armée de Portugal, sous les ordres du maréchal Soult, que Franceschi (îit chargé par ce maréchal d'une mission très-im* portante : le maréchal ne pouvait en confier le secret à un officier plus capable de la remplir; Franceschi venait de commander son arrièregarde dans les circonstances les plus difficiles; il s'y était distingué par de brillantes manœuvi*es et par la plus rare intrépidité. I^ maréchal Soult estimait son caractère autant que ses talents, el l'honorait de son amitié : il le chargea d'aller k Madrid expliquer lui-même au roi Joseph et au maréchal Jourdan, son major général, le mouvement qu'il se proposait de faire sur les derrières de l'armée anglo-espagnole, comnian-

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