‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 70 sur 112 · III · texte numérisé non relu

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comte Daru; la coopération de cet habile administrateur ne pouvait que m*étre utile; elle me fut toujours agréable et ne me donna jamais le moindre ombrage. L'empereur connaissait notre parfait accord; le comte Daru avait plus que moi rhabitude du travail avec l'empereur , principalement pour la destination et la répartition des fonds; je me trouvai fort bien de cette intervention. Je recevais les ordres , soit par le major général, soit par le secrétaire d'État, et ye mettais autant de zèle que de ponctualité à les faire exécuter. La rapidité des marches , la rigueur avec laquelle l'empereur exigeait que les services fussent parfaitement et complètement organisés sur tous les points des lignes d'opérations , et le prompt abandon des établissements à peine for^ mes, multipliaient et compliquaient les difficultés dans toutes les branches du service. Les jnoyens de transport , soit par les équipages militaires appartenant à l'armée, soit par les auxiliaires, étaient presque toujours insuffisants. Cette armée immense, traversant les États prussiens comme un torrent, consommait toutes les ressources du pays, et ne pouvait être suivie par les approvisionnements de réserve avec la célérité qu'exigeaient les opérations. J'avais fort à me louer du zèle et de l'activité de mes chefs de servicr. L'empereur, qui était fort impatient >

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et (loi)t la coutume était de tendre toujours tous les ressorts, et de ne se montrer que très-rarement satisfait, m'ordonna, k Tliorn, de me présenter chez lui après la parade, avec les chefs de sei'vice; sans articuler aucun fait, aucun motif, il témoigna un vif mécontentement du service des hôpitaux et des équipages militaires. Je re&r sentis ce reproche, et crus devoir, dans les termes les plus respectueux, mais les plus positifs, soutenir mes subordonnés. C'était un acte de ustice qui déplut sans doute à l'empereur, mais |ui me donna les moyens de le mieux servir.

Le quartier impérial fut porté à Dantzick, où Napoléon, en présence du gouverneur, le général lapp, dicta, au comte Daru et à moi, de nouvelles lispositions pour assurer les services sur la ligne e ia Prégel, où l'armée devait se rassembler. Le quartier général fut porté de Dantzick à .œnigsberg, où j'eus beaucoup à travailler avec : comte de Lothum , pour régler, d'après notre jrrespondance, les versements qui avaient été its pour le compte de la Prusse, eu exécution i traité du 17 février. J'eus aussi à pourvoir ix transports par eau des approvisionnements li seraient expédiés de Dantzick , et par suite ; Kœnigsberg par les canaux, et qui devaient monter la Memel ou le Niémen.

T^ gros de l'armée, l'aile gauche et le centre

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avec la grande réserve de cavalerie et la garde impériale y se portèrent par Wehiau , Insterburg, sur Gumbinen, dernière ville sur la frontière de la Prusse orientale. L'empereur détermina le point de passage du Niémen pour toute cette partie de la grande armée sur Kowno. Ce passage fut exécuté de la manière la plus brillante et la plus prompte, Tennemi n'opposant que des arrière-gardes de troupes légères qui disparurent dès que nos tètes de colonne se montrèrent sur la rive gauche.

Cette importante opération (le passage du Niémen) signala l'ouverture de la campagne. Tu ne dois point t'attendre, mon cher fils, à trouver dans cette partie de mes souvenirs, l'histoire complète de ces mémorables événeroents; mais seulement la trace de ce qui m'a été purement personnel, des faits dont j'ai été témoin oculaire, et de la manière dont je cherchai à remplir la tâche difficile qui m'était imposée. L'histoire militaire des différentes opérations n'a point encore été écrite d'une manière impartiale et suffisamment instructive sous le rapport de l'art. Les diverses relations qui en ont été publiées d'une et d'autre part sont des matériaux qu'un historien judicieux pourra quelque jour mettre en œuvre en les comparant, en s'édairant par une saine critique et par de nouvelles

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