‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 72 sur 112 · DÉSASTRES CAUSES PAR L^ORAGR · texte numérisé non relu

DÉSASTRES CAUSES PAR L^ORAGR

Je reviens à Tobjet auquel je dois me borner, et queje pourrais appeler simplement mon itinéraire. Je suivais l'armée et le quartier général impérial, à une marche de distance. En traversant les bois qui bordent la rive gauche du Niémen, nous essuyâmes Tun des plus violents orages que j'eusse jamais vus : il avait fondu sur les bivouacs de l'armée, qui avait pris position à deux lieues de Kowno, sur la route de Wilna : ce fut un véritable désastre; l'ouragan, les inondations, le froid excessif qui succéda à l'orage, causèrent de très-grandes pertes à l'armée. Le tonnerre tomba sur divers points de la ligne : trois grenadiers de la garde impériale furent frappés de la foudre près de la tente de l'empereur. Des généraux romains se seraient peut être arrêtés devant un aussi sinistre présage, et beaucoup d'esprits en furent frappés. On estima à dix mille le nombre des chevaux qui périrent pendant cette affreuse nuit ou dans les deux jours de marche jusqu'à Wilna. J^a route en était jonchée ; et nous perdîmes aussi une grande partie des équipages auxiliaires. Je rencontrai sur cette route l'équipage de ponts que conduisait le général EUé, avec la plus grande difficulté dans des chemins sablonneux et dégradés. Je me réunis à son bivouac, et je passai une soirée avec cet excellent officier. Je n'oublierai jamais les réflexions decc

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