‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 93 sur 112 · C.VPTIVITÉ KN HONCRIK. S^f · texte numérisé non relu

C.VPTIVITÉ KN HONCRIK. S^f

États (le Sa Majesté. Woiisne profitâmes, ni moi, ni mes compagnons , de cette autorisation ; nous nous trouvions très-bien à Tyrnau, et nous ne songions guère à chercher clans la capitale ou ailleurs des distractions au chagrin que nous causaient les revers de nos armées et les malheurs qui menaçaient notre patrie. Je ne profitai de cette permission que beaucoup plus tard, et lorsqu'après la catastrophe de la contrerévolution, nous n'avions plus qu'à attendre notre échange ou notre rappel.

Peu de temps après notre arrivée à Tyrnau, mon honorable amie madame de Traunwieser, que j'avais informée de notre destination dès notre entrée en Bohème, me causa une agréable surprise en venant elle-même avec sa fille, qui avait dû épouser mon ami le général Louis de Romeuf, me rendre visite dnns ma prison de Tyrnau. Elle aurait voulu, me dit-elle, qu*il lui fut possible de rester auprès de nous, et de charmerles ennuis de notre captivité. Je fus profondément touché de cette preuve d'estime et de constante amitié. Lorsque je quittai Tyrnau, vers le i5 d'avril, pour me rendre aux eaux do Baden près de Vienne, madame de Traunwieser vint m'y trouver avec sa fille, et ce fut là que cette angélique créature fut subitement attaquée d'un vomissement de sang, funeste symptôme de

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la maladie de poitrine qui l'emporta un an après. J'avais, à cette époque, ebteiiu pour mon gendre, le baron de Saint-Didier, la permission de retourner en France et les passe-ports nécessaires pour traverser les armées alliées. Il arriva à Paris peu de jours avant la prise de la capitale et l'abdication de Napoléon. Je revins de Badeo à Vienne, où j'attendis encore quelques] ou rsFautorisation de retourner à Paris et Tezpc'^ition de mes passe-ports.

Pendant ce dernier séjour à Vienne, je rencontrai plusieurs personnes que j'avais coimues et qui avaient passé dans les États autrichiens tout le temps de l'émigration. J'allai voir l'abbé de Bon ne val, ancien évéque de Grasse, frère du feu comte de Bonne val , mon ancien compagnon de voyage en Orient, auquel l'empereur d'Autriche avait accordé un canonicat de la cathédrale de Saint-Ëtienne : c'était un homme d*esprit trèsraisonnable. Il prévoyait très-judicieusement les conséquences des nouveaux événements. Je vis aussi le vieux comte de Saint-Priest , l'un de mes anciens patrons. Je rencontrai le fameux écrivain Gentz, qui fut depuis l'infatigable greffier de la sainte-alliance; j'allai visiter le prince de Ligne dont l'esprit n'avait pu vieillir.

Je partis pour Paris avec mon ami Combes et mon ncvtui Poucet. Je m'arrêtai un jour seule

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ment à Strasbourg dans la famille de son frère, Tun des hommes les plus éclairés et les plus recommandahles que j'aie connus et, tendrement aimés. Je rentrai enfin dans ma famille, dans ma maison, après deux ans et demi d'absence ; et dans cette période de temps, que de choses! que d'événements! Le monde était changé.

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