‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 23 sur 78 · LETTRE DE TONY A SON FRÈRE JACQUES · texte numérisé non relu

LETTRE DE TONY A SON FRÈRE JACQUES

Vaydhoffen, 15 pluviôse an IX (4 février 1801). 3° Division, Armée du Rhin.

« Nous sommes toujours, mon cher ami, dans l'impatience de voir terminer notre exil dans ce

si SE VESIRS.

Mais. one to is penses. ils nv restent pas lngtemps #t je es cède au fur et à mesure que je trouve des amateur<. Je nai pas besoin d'ajouter que je garde pour moi ce qu'il y a de nisux, aussi ai-je toujours des l<ies macnifrques. Voila. mon ami, ce que le courner me laisse le temps de te dire, car j'ai commenté ma lettre un peu trop tard. et tu sais que ces messieurs n'attendent pas. Je finis donc en t'embrassant de tout mon cœur et er te promettant de te dédommager une autre fvis. J'embrasse papa, maman et tout ce qui t'entoure et suis ton dévoué frère.

» TONY

Le désir de Reiset allait bientôt se réaliser et il n'allait pas tarder à revoir la France. Après la paix de Lunéville (9 février 1801), le général Richepanse voulut récompenser la conduite brillante de son aide de camp en demandant pour lui un sabre d'honneur. Ce n'était que juslice ; blessé dangereusement à la poitrine par un boulet au mois de mai 1800 à l'affaire de Stockach, il avait reçu plusieurs coups de sabre

AnPrrant Ur fl! CIE ETCONREL re es Zef dE IL À Ie 0e. vqage RE Out GS SO CN OSSEe I tre erabis. - 2 AE He. - + reféexxzs LOAGTEE ER AIT - ICT “OL à vous on 5 tai. Tu.

" mer n ae COTE... à un Un sut xt . LIDS Lei . SUN AE © me quatre ee TT Jet, ee Ter SU Ave 1 rie rite LD im à Sas

Jr inf 3772 AMEL LE = CEOMINA— nos Ve a HPSSIT2S À Ir <= M'IUIS Lin

et da one

PROS EURE ES de JUS os tes rates IT.

III gs Vaus ares te 1 Mixee. te Somhrs 1 Meur 61 dun fihrs: 22° 04 ta an NT 5 rene d'Angleterre nt reiles de anaés VIE VIIT 28 IX

nucurrotes du Fhrn el Œ Hfolret.e.

la première condition était la conservation de toutes nos conquèles.

Un Te Deum, chanté en grande pompe par ordre du Premier Consul, avait sanctionné l’allégresse sénérale et semblait à beaucoup de gens Aro le gage d'une ère nouvelle de modération el do calme. Bonaparte avait revêtu l'habit rouge munx rovers des consuls, rehaussé de palmes et do broderies d'or. Un bouquet de plumes tricolorex au chapeau et un sabre magnifique rapporte d'Egypte suspendu à sa ceinture par un splendide baudrier, il s'était rendu au milieu d'un cortège imposant à Notre-Dame, pour bien ufflemer par sa présence la proclamalion officielle du culle auquel la vicille basilique était enfin renduc, Tandis que les partisans de la révolulion se détournaient avec colère, le peuple se pressait sur ses pas, avide d'un spectacle dont Ù était privé depuis si longtemps, ct la classe Mlovéu voyait au contraire avec joie le retour aux praliques religieuses abandonnées depuis tant d'années,

L'arrivée à Paris du roi d'Étrurie était en même

lemps un prélexte aux fètes les plus brillantes.

M. Chaptal', le ministre de l'Intérieur, et les deux réunions ont rivalisé de magnificence. Le prince a désiré assister à une séance de l'Institut, quoique ses aptitudes personnelles ne semblent pas beaucoup justifier cette idée. C'est le même M. Chaptal qui les y a reçus, mais ni le roi ni la reine n'ont semblé prendre grand plaisir à tous les beaux discours qu on a prononcés en leur présence et auxquels ils n'ont pas paru comprendre grand'chose.

» Dans toutes les fêtes qu'on leur a données, madame Bonaparte et mademoiselle Hortense ", belle-fille du Premier Consul, ont bnrillé entre toutes, et l'on ne sait trop laquelle est la plus

charmante, de la mère toujours la première par

1. Jean-Antoine Chaptal, comte de Chanteloup, né en 1756, mort en 1832. Chimiste et écrivain remarquable. il reçut en 4387 des lettres d'anoblissement et le cordon de Saint- Michel en récompense de ses services. Elu membre de l’Institut, il fut nommé conseiller d'État, puis ministre de l'Intérieur après le 18 Brumaire. Sous la Restauration il obtint Ja pairie. — On lui doit de nombreuses et sages mesures administralives et les plus heureuses découvertes chimiques qu'il sut utilement appliquer à l'industrie.

2. Voir : Horlense de Beauharnais, par C. d'Arjuzon ‘Calmann Lévy, éditeur). La grand'mère de l'auteur. ancienne dame d'honneur de la reine de Hollande.eut pour fils Félix-Jean- François Thomas comte d'Arjuzon, chambellan de l'empereur, qui épousa, en 1826, Caroline-fsabelle de Reiset, propre nièce du lieutenant-général de Reiset.

apprit la triste fin de celui qui avait été l'ami et le protecteur de sa jeunesse et l'avait guidé dans le chemin de l'honneur et de la gloire.

Le chagrin de sa sœur Anne venait encore augmenter sa peine; la jeune fille pleurait celui qu'elle considérait au fond du cœur comme son fiancé, et Tony songeait avec tristesse aux projets d'autrefois qui l’auraient fait le frère du héros qui lui était si cher.

Les larmes de leur fille faisaient regretter à M. et madame de Reiset leur trop grande rigueur; ils se disaient que le peu d'espoir qu'avait eu Kléber de voir ses désirs se réaliser avait été la cause dominante de cet éloignement qui devait lui être si funeste.

Tout le monde connaît les détails de la mort de Kléber, qui, après le départ de Bonaparte pour la France, le 22 août 1799, était devenu commandant en chef de l'armée d'Égypte. Un misérable musulman, croyant voir dans l'occupation de l'Égypte par la France la ruine de son pays, se résolut à assassiner Kléber, qu'il prenait pour le sultan des Français. Après s'être préparé par le jeùne et la prière à cet affreux

faites ensemble, sont gardés pieusement dans la famille de Reiset; gages précieux de l'amitié et de l'affection d’un héros.

Kléber reste pour la postérité une des plus belles et des plus complètes figures de guerrier du siècle dernier. Animé pour sa patrie d'un dévouement sans bornes, il sut, par la noblesse de ses idées et l’élévation de son caractère, se concilier l'admiration générale. Simple et modeste, il méprisa les richesses et les dignités et eut l’honneur de mourir pauvre après avoir manié des trésors.

D'une intrépide bravoure dans le combat, il se montra toujours humain et modéré dans la victoire. Dur à lui-même, il se montrail préoccupé du bien-être de ses soldats avant de songer au sien; adoré de ses hommes, il savait les enlever par quelques paroles chaleureuses, et inspirer confiance à tous, aussi bien à ses supérieurs qu'à ses subordonnés. Son génie et ses talents militaires ne sont plus à vanter, mais, chose bien rare, à cette époque de troubles, le - nom de cet homme si grand par son héroïsme reste le modèle de la droiture et de l’hon-

neur sans que la moindre tache en ait jamais terni l'éclat.

Hommage tardif, en 1840 une statue lui a été élevée sur l’une des places publiques de Strasbourg où s'était écoulée une partie de sa jeunesse.

Page 1