INTRODUCTION
Au mois de mai 1823, le maréchal Macdonald, sexagénaire, veuf pour la troisième fois, était abîmé au plus profond de la douleur. De ses précédentes unions il n'avait eu que des ûUes; la dernière, formée depuis quatre ans à peine et soudainement brisée, lui laissait un fils, un héritier de son nom. C'est pour lui, pour cet enfant au berceau que, loin de Paris, loin des consolations banales et des condoléances de cour, le maréchal entreprit, non pas de distraire, mais d'occuper l'isolement de son chagrin à noter les étapes de sa longue et glorieuse carrière. Ce ne sont pas des Mémoires qu'il se proposait d'écrire ; ce sont de simples souvenirs destinés à l'enfant qui devait seul en prendre connaissance un jour. Il y a soixante-cinq ans qu'ils ont été recueillis; il y a plus de cinquante ans que le maréchal est mort; sa petite-fille, Mme la baronne de Pommereul, a pensé que dans l'intérêt et pour le grand profit de l'histoire, autant que dans l'intérêt et pour la bonne renommée de son ancêtre, l'heure était venue de soulever le voile qui,