‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 2 sur 262 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

jusqu*à présent, a couvert ces Souvenirs, et c'est à moi qu'elle a confié le soin de les révéler au public. C'est un grand honneur dont je lui suis reconnaissant. Je n'ai pu toucher, sans une respectueuse émotion, ces pages imprégnées de franchise et d*où le vrai s'exhale comme un parfum vivifiant. Jamais, ni pour personne, Macdonald n'a ménagé l'expression de sa pensée, même avec les plus grands, avec Napoléon comme avec Louis XVIII; c'est un Alceste soldat.

Demandez-lui la vérité : il vous la présentera toute nue, ni fardée ni attifée; ne lui demandez pas la parure du style. 11 s'est plusieurs fois et très franchement confessé à cet égard, c A la lecture de ce rapide récit, a-t-il dit au début même de ses Souvenirs, aux phrases décousues, à la répétition des mots, au désordre de l'orthographe et de la ponctuation, vous vous apercevrez facilement, mon fils, combien je suis absorbé dans l'idée prédominante de notre malheur, et vous jugerez de la situation de mon esprit mieux que je ne pourrais la peindre. D'ailleurs, je ne relis jamais, même mes lettres; mais il en est autrement de la correspondance officielle, projets, rapports, instructions, opinions; vous serez frappé d'une différence de style très remarquable; le mien est ordinairement précis, concis, positif, lorsque les matières ne demandent pas de développements, car ils en gÂtent toute l'énergie. » Ailleurs encore : c Je n'ai pas le loisir de relire ce que j'ai déjà écrit, par la mauvaise habitude que j'ai depuis longtemps adoptée, parce que, écrivant beaucoup et fort rapidement, j'apercevrais

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