‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 5 sur 262 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

da génie. 11 se désespérait lorsqu'une chance fortuite Tint ini ouvrir l'accès de l'armée, par une porte dérobée, il est vrai.

C'était en 1784; les Hollandais avaient, au sujet de la navigation de l'Escaut, maille à partir avec leur puissant ▼oisin, l'empereur Joseph II, souverain du pays belge; ils n'avaient qu'une faible armée, tout à fait insufQsante; il leur fallait des généraux, des officiers et des soldats. Un gentilhomme français, le comte de Maillebois, plus on moins autorisé par le gouvernement, levait pour eux une légion composée de toutes armes; grâce à la recommandation de quelques gens bien placés, le jeune Macdonald y fut incorporé comme lieutenant dUnfanterie. Peu s'en fallut que la tète ne lui tournât; à l'institution Pawlet, il se croyait un Achille; pour celte fois, il se complaisait modestement à l'idée de devenir un Turenne. 11 partit pour la Hollande et s'employa pendant plusieurs mois avec ardeur à l'instruction de sa compagnie; mais, cruel déboire, au moment d'entrer en campagne, la paix se fit, la paix avec ses suites, c'est-à-dire le licenciement de la légion. Les Hollandais, bons calculateurs et ménagers de leurs finances, avaient stipulé, pour ce cas d'ailleurs prévu, soit une pension viagère, mais réduite & la moitié de la solde mensuelle et sous la condition expresse qu'elle fût dépensée dans le pays, soit une indemnité, une fois pour toutes, de quatre années de ladite pension; à quoi il convient d'ajouter que l'année militaire en Hollande n'était que de huit mois, chaque mois comptant pour quarante-cinq jours. Le jeune Mac-

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