INTRODUCTION LVII
Blflcher se tenait sur les hauteurs de Jauer; Macdonald fit porter à Souham, qui était du côté de Liegnitz, l'ordre de tourner la droite des Prussiens, pendant qu'avec le !!• corps et celui de Lauriston il les attaquerait de front et sur leur gauche. Depuis la veille, la pluie était incessante, le terrain détrempé; la pente était raide; la seule route que pouvait prendre la cavalerie n'avait pas plus de quinze pieds de large; Sébastiani y avait d'abord engagé toute son artillerie; arrivées à grand'peine au sommet, les pièces s'embourbent jusqu'à l'essieu; impossible de les mouvoir; l'infanteriey pendant ce temps, montait à droite et à gauche; mais la pluie pénétrant dans les bassinets, les amorces ne prenaient pas; d'autre part, Souham avait manqué son mouvement. Pour les mêmes raisons, le feu de l'infanterie ennemie n'était pas redoutable; mais l'artillerie prussienne, depuis longtemps en position, ne ménageait pas les salves, et la cavalerie, déployée sur le plateau, chargeait tout ce qui essayait de prendre pied sur la crête. Il fallut redescendre, faire une retraite de nuit dans les ténèbres, à travers les ruisseaux débordés et les ravins devenus torrents; les colonnes décousues allaient à l'aventure, semant derrière elles les éclopés et les traînards. En deux mots, c'était la débandade et la déroute.
Je n'ignore pas qu'il est malséant de se citer soi-même; néanmoins, je prie qu'on me permette de reproduire ici un passage écrit ailleurs, dans un temps où je ne prévoyais pas que j'aurais à m'occuper un jour de Macdonald et à l'étudier de près. < Soutenue par des hommes