‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 52 sur 262 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

faits et des soldats faits, la bataille de la Katzbach n'eût pas été perdue peut-être; elle n'eût du moins été qu'un échec réparable : avec des hommes trop jeunes et des soldats de la veille, elle fut le commencement d'un désastre. Jamais on ne verra mieux, par opposition, ce que vaut l'énergie physique et morale, la résistance du corps et de l'àme aux injures du temps, à la faim, à la soif, à toutes les misères de la guerre, ce stoïcisme, en un mot, que donne, non pas tout d'un coup, mais insensiblement, l'éducation militaire, et qui n'est, après tout, que le sentiment de plus en plus raisonné de l'honneur et du devoir. Sur cette bataille de la Katzbach et sur ses suites, ce ne sont pas les témoignages qui manquent; mais il n'y a pas de témoin plus autorisé, plus convaincant et plus sincère que le maréchal Macdonald. On sent qu'on est en face d'un honnête homme, qui ne s'attribue pas le droit et n'a pas même la tentation de rien déguiser ni de rien taire : c'est ainsi que la vérité devient une force, et l'histoire un enseignement profitable (i). »

Le 29 août, le maréchal écrivait de Bunzlau, au major général : « L'ennemi n'a poursuivi que faiblement, mais sa cavalerie légère, l'épouvantail des fuyards, s'est montrée partout avec du canon. Nos troupes sont dans un état pitoyable, percées de la pluie pendant quatre-vingts heures consécutiyes, marchant dans la boue jusqu'à mi-jambe, et traversant des torrents débordés. Dans cet état, les généraux ne peuvent empêcher que le soldat

(1) La Grande Armée de i8i3, 2* éditîoQ, p. 136 et suiv.

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